You're viewing an original article from MusicRadar.com. An English translation is coming soon.

Puggy, l'explosion pop à la conquête du monde

Avec leur nouvel album To Win The World, Puggy prend des risques, et on aime ça !

Sur scène, Matthew Irons (guitare, claviers et chant), Romain Descampes (basse, chœurs) et Egil "Ziggy" Franzén (batterie, claviers et backing vocals) font le show sans jamais donner au public un instant de répit. En live, c'est une règle à laquelle ils n'ont jamais dérogé. Mais sur disque, tout a toujours été plus posé, plus mélodique. Du moins, jusqu'aujourd'hui car To Win The World marque une étape importante dans la carrière du trio.

Pour l'enregistrement de ce troisième volet discographique, la consigne était claire: "il fallait que l'on se concentre sur notre jeu et rien que ça pour restituer l'énergie du live" témoigne Romain. Pour ce faire, ils ont fait appel au producteur Eliot James (Bloc Party, Two Door Cinema Club, ndj) afin de les épauler. "C'est un producteur anglais, il est juste incroyable. Il a ce talent pour faire sonner n'importe quel groupe comme s'il jouait live" nous dit Matthew.

"To Win The World est le résultat final des années passées sur les routes et dans les studios."

Le groupe entre donc à l'ICP de Bruxelles avec pour la première fois à leurs côtés un producteur dont les techniques de travail ont quelque peu surpris Puggy; "On a joué très fort alors qu'on avait l'habitude de jouer à bas volume pour ne pas se flinguer les oreilles. Et on lui disait que ça allait être repris par tous les micros, mais il voulait ce son. On a toujours eu le sentiment qu'il fallait être très méticuleux en studio, lui nous a prouvé le contraire" explique Matthew.

Pour restituer l'énergie du live sur disque, ils ont donc enregistré dans une seule pièce du studio ICP, profitant au passage du matériel à leur disposition. Romain à la basse avait son "Ampeg poussé à fond". Ziggy s'en amuse: "dans toutes les pistes de batterie, il n'y a que de la basse". La guitare acoustique de Matthew a elle aussi subi quelques interventions, notamment avec l'utilisation du delay Memory Man et surtout la Voice Box d'Electro Harmonix. "C'est un harmoniseur vocal qui fonctionne aussi très bien sur la guitare. Et le son pas très propre qu'il produit est juste excellent au final" admet le guitariste. Cet effet a été très utilisé pour cet album afin de travailler davantage les harmonies vocales et les leads de guitares façon Queen (Love That Feeling par exemple).

Dans l'expérimentation, les gars ont aussi craqué sur la TalkBox qu'"Eliot a adoré, car au final, ça booste énormément les chœurs". On retrouve également les parties de claviers de Matthew et Ziggy qui font désormais partie intégrante du son Puggy. Ces parties sont jouées sur un Korg Triton, un Roland Juno et un Korg MS-20. Ces mélanges d'instruments et d'expérimentations sonores permettent au final de faire de To Win The World "un disque à l'ancienne" comme le souligne Romain.

À la conquête du reste du monde

Mais To Win The World a déjà ses détracteurs, clamant au passage que ce dernier album est bien différent de ses prédécesseurs. Du rock indé sur Dubois, Puggy nous a ensuite fait découvrir une pop sucrée (mais toujours énergique) avec Something You Might Like. Ce troisième album s'inscrit quant à lui dans une nouvelle dimension sonore avec ses 10 titres qui sont largement de taille à faire de l'ombre aux artistes qui squatte les ondes radiophoniques. "On sait qu'il y'a des personnes qui risquent de moins aimer, mais c'est un disque qu'il fallait que l'on fasse. Il est très différent des deux autres albums, c'est clair. En tout cas, dans l'esthétique sonore" se défend Matthew.

L'histoire est similaire à celle des Anglais de Muse. Souvent critiqués pour leurs fréquents virages sonores, ils ont réussi à imposer un style bien distinct. Pour Puggy, ces changements accompagnent une étape cruciale de leur carrière et le groupe en est conscient, et comme l'explique Romain: "je n'ai jamais pris autant de plaisir qu'en interprétant ces nouveaux morceaux sur scène. J'adore jouer ce nouvel album"

To Win The World, comme nous le dit Matthew, est le résultat final des années passées sur les routes et dans les studios. Ces années d'efforts se sont avérées payantes puisque Puggy jouit à présent d'une solide réputation en France et en Belgique. Ils se tournent aujourd'hui vers l'Allemagne, le Québec ou encore la Hollande où ils ont récemment tourné avec le groupe belge School Is Cool. "Le but est de se faire remarquer, du moins que les personnes dans le public puissent se rappeler de notre nom. On se retrouve avec le sentiment de tout recommencer à zéro". Le trio franco- anglais-suédois a donc su conserver cette rage des débuts, prêt à jouer devant 200 personnes qui ne les connaissent pas et "qu'il faut essayer de convertir".

Avec une telle énergie et autant de conviction pour défendre ce nouvel album, il est certain que Puggy réussira son pari de s'exporter au-delà de nos frontières.Souhaitons-leur ce succès, mais en attendant, profitons de les voir jouer sur les scènes de l'Hexagone.

To Win The World –Sorti sur le label Casablanca Records / Mercury

You might like:


Comment on Facebook