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Le séisme métal Five Finger Death Punch arrive en France

Jason Hook nous parle de sa Gibson M-4 et de l'arrivée du groupe en Europe

Aux États-Unis, Five Finger Death Punch est adulé par le public de la scène métal. Le groupe fait partie des meilleures ventes de disques outre Atlantique. Mais aujourd'hui, les Californiens relèvent un nouveau défi, celui de conquérir les amateurs de gros sons en Europe. Nous avons rencontré Jason Hook, guitariste lead du groupe, dans les locaux de Gibson France afin d'en savoir un peu plus sur ce groupe phénomène. Son modèle signature en mains, il nous éclaire sur l'histoire de 5FDP.


Peux-tu nous parler de ton modèle M-4 Sherman sorti chez Gibson ? Pourquoi avoir choisi cette marque plus qu'une autre ?

(Il nous montre le tatouage Gisbon qu'il a sur le poignet) C'est pour la vie maintenant ! Je joue sur Gibson depuis 2005. Je suis tombé amoureux de l'Explorer parce que j'ai eu un problème au niveau du nerf de l'avant-bras. La Les Paul par exemple a un corps trop large pour que je me sente à l'aise. En jouant le bras posé sur son corps, ça bloquait ma main. J'ai essayé l'Explorer car je pouvais poser mon bras sur le dessus du corps. Quand Death Punch a commencé, j'ai été approché par plusieurs marques de guitare, et on me disait que Gibson n'allait jamais vouloir de moi dans leur catalogue d'artistes. Faisons une B.C. Rich ou une Washburn, une Dean, une Ibanez ou une ESP. Mais je joue sur Gibson et c'est ce que j'aime. J'ai pu rencontrer les bonnes personnes chez Gibson lorsque le groupe a commencé à prendre de l'ampleur. On a donc travaillé sur une Explorer signature M-4 Sherman (nom d'un tank américain de la Seconde Guerre mondiale). J'ai construit moi-même trois ou quatre Explorer qui ressemblent à ce modèle.

As-tu coupé une partie du corps toi-même comme on peut le voir sur la M-4?

Oui, j'ai une perceuse à colonne à la maison et j'ai installé un gros cylindre de ponçage au bout. J'ai fini en ponçant légèrement le résultat pour adoucir les angles (rires).

Les luthiers de Gibson ont donc copié ton modèle ?

Oui, on a travaillé ensemble. J'ai enlevé le pickguard de ma guitare et ça laisse donc une petite tranchée au niveau où se situent tous les câbles des micros. J'ai trouvé ce bout de plastique dans mon garage et il était à la bonne taille pour cacher tout ça. Ce qui est marrant est que Gibson a dû trouver ce même type de tuyau lors de l'élaboration de mon modèle !

Qu'en est-il du choix des micros justement ?

Seymour Duncan est le spécialiste du micro depuis des années et des années. J'ai essayé tous les micros de leur catalogue, mais celui que je préfère est le JB. C'est celui qui se vend encore le mieux aujourd'hui. JB veut dire Jazz Blues et non Jeff Beck (Seymour Duncan avait à l'origine conçu ce micro pour le guitariste, d'où la confusion, ndj).

Jason Hook fier de sa Gibson signature M-4 Sherman

Ce n'est pas habituel d'avoir un JB pour jouer du métal...

Non, c'est certain. Mais je voulais avoir une guitare qui conserve une certaine dynamique. Si tu as trop de gain en sortie de tes micros, tu laisses l'ampli faire tout le travail. J'ai déjà un énorme son lorsque j'ai le bouton de volume sur 6. Pas besoin d'aller plus loin et je conserve un son intelligible. Je ne veux pas que ce soit ma guitare qui crée la distorsion, mais l'ampli. J'ai aussi un 59' au manche, mais j'avoue ne pas beaucoup l'utiliser. J'ai aussi monté les frettes les plus larges qui soient, des 6100 Super Jumbo. Chez Gibson, la seule guitare a posséder ces frettes est la Les Paul Zack Wylde.

"Les solos doivent être un moment d'émotion. Je veux vraiment ne faire qu'un avec la guitare et qu'elle chante pour moi"

Dans ton jeu, même si tu es capable de jouer des parties très rapides, tu restes modéré sur l'album...

Pour moi, les solos doivent être un moment d'émotion. La vitesse peut être impressionnante aux yeux de certains, mais elle ne traduit qu'une seule émotion. Je veux vraiment ne faire qu'un avec la guitare et qu'elle chante pour moi.

Est-ce que ce sont les nombreuses sessions studio que tu faisais qui t'ont poussé dans cette voie ?

J'ai appris cela en écoutant tous mes guitaristes préférés. J'aime les guitaristes qui sont complets comme Eddie Van Halen ou Neil Schon. Je n'ai jamais été intéressé par les monstres de la vitesse comme Steve Vai ou Yngwie Maslmsteen.

Ton toucher est-il une devenue une marque de fabrique pour le groupe ?

C'est un peu le cas, je pense. Je compose tous les solos depuis le début de Five Finger Death Punch. Je prends ce rôle très au sérieux. J'enregistre tous mes solos chez moi. J'ai un studio avec Pro Tools HD. Lorsque je dois écrire les solos, je verrouille les portes, j'éteins mon téléphone, je m'isole littéralement pendant deux mois. Je prends mon temps pour que tout soit parfait. C'est devenu notre manière de procéder désormais.

Tes solos sont donc t-ils tous écrits ?

Oui, j'ai une méthode bien définie pour les composer. Mon matériel est toujours prêt pour enregistrer, j'ouvre le projet avec la chanson et je boucle la section sur laquelle je dois jouer et je joue en continu sans penser à ce que je fais. J'enregistre presque 30 prises d'affilée puis je réécoute tout ça le lendemain. J'essaie de comprendre comment le solo peut alors s'articuler avec un début, un milieu et une fin.

Le reste du groupe fonctionne-t-il de la même manière ?

Je suis le seul qui enregistre à la maison. Le reste du groupe bosse en studio avec le producteur. Je suis pourtant un rat de studio, j'ai tout un tas de matos à la maison, j'ai déjà enregistré deux albums solos. C'est pour cela que j'ai besoin d'avoir mon propre espace, sans que personne ne me regarde.

Les Five Finger Death Punch sont prêts pour faire monter les décibels en Europe

Five Finger Death Punch jouit d'une très forte notoriété aux États-Unis, mais ici en Europe, c'est comme si vous deviez tout recommencer à zéro. N'est-ce pas difficile à gérer ?

Je pense que notre but premier aujourd'hui est de réussir à plaire aux publics des autres pays qui ne nous connaissent pas. Nous avons saturé le marché américain et c'est pour cette raison qu'il fallait que l'on fasse une sorte de coupure. Nous avons un nouveau label et une nouvelle équipe de management qui sont bien plus efficaces pour gérer des dates avec les pays étrangers. Cette année et l'année prochaine, nous allons nous focaliser sur ce but afin de gagner en popularité dans tous ces pays.

"Cette année et l'année prochaine, nous allons nous focaliser sur l'Europe afin de gagner en popularité"

Quels ont été les premiers retours de la part du public européen ?

Ils ont été plutôt bons. Notre premier disque American Capitalist est entré à la 74ème place des ventes et ce nouvel album (The Wrong Side Of Heaven And The Righteous Side Of Hell) est déjà numéro 4 en Allemagne. Je ne sais connais pas les chiffres en France. On doit aussi avouer que pour le moment, la plupart des gens ne savent pas qui l'on est.

Aviez-vous cette envie de conquérir l'Europe depuis longtemps ?

Oui. Lorsque l'on venait jouer ici auparavant, les gens nous demandaient quand on allait revenir pour rejouer. On venait seulement jouer une fois tous les deux ans ce qui est loin d'être parfait. Je sens que notre base de fans est de plus en plus importante ici, alors nous devons jouer en Europe.

Vu que tu as ton propre studio enregistré deux albums solos (Safety Dunce et American Justice). Enregistres-tu déjà de nouvelles compositions en vue de sortir un autre album solo?

Oh oui ! J'enregistre tout le temps. On est dans le business de vendre de la musique, c'est notre produit. On doit s'entraîner à écrire et enregistrer des chansons tout le temps. Plus tu composes, plus tu progresses.

T'inspires-tu de ton travail solo pour essayer d'introduire de la nouveauté dans le son du groupe?

Oui, si tu prends le deuxième single qui s'appelle Battle Born par exemple, c'est le cas. Quand je suis arrivé avec cette chanson, on m'a demandé: "mais,c'est quoi ce titre ?"

Bosses-tu en commun avec Zoltan (Bathory, l'autre guitariste du groupe, ndj) pour composer ?

Non, on écrit tout les deux des chansons de notre côté. C'est de cette manière que nous arrivons à composer autant de titres. Parfois, je réarrange certaines de ces parties pour les améliorer. C'est ce qui est parfait quand tu bosses sur ordinateur; tu peux ajouter des parties, enlever celle que tu n'aimes pas et donner ainsi un nouveau tournant à la chanson.

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