Jouez dans le style manouche façon Django (partie 2)

Deuxième partie de notre pédago dans le style de Django

Django Reinhardt est le guitariste des guitaristes. George Benson, Brian May, Jeff Beck, Hank Marvin, Peter Frampton, Les Paul, Yngwie Malmsteen, Chet Atkins et des millions d'autres, qu'ils soient connus ou non, on tous été fascinés par le jeu de ce génie du jazz manouche autodidacte qui ne savait ni lire ni écrire la musique. Que dire de plus ? Il n'avait que deux doigts encore alertes (suite à un accident) pour jouer de la main droite !

Nous vous proposons donc de retrouver le génie de ce guitariste dans les exemples qui suivent. N'essayez pas forcément de suivre le doigté de Django, expérimentez pour trouver les vôtres. Et même si vous n'avez pas de guitare jazz, avec une acoustique, ça marche tout autant.

Voilà la deuxième partie de notre pédago jazz manouche. Retrouvez la première en cliquant ici.

Plan n°16

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Notre prochain exemple illustre la maîtrise de Reinhardt dans la manipulation des harmoniques artificielles sur tout un refrain. Le secret est dans la manière de tenir le médiator entre son pouce et son index en utilisant le premier doigt pour pointer le médiator sur le coeur de cible exact de l'harmonique, exactement 12 cases plus haut que la note jouée à la main gauche. C'est un casse-tête, mais c'est une approche technique très efficace à se mettre dans les doigts.

Plan n°17

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J'aurais pu sans aucun problème remplir cet article d'exemples s'appuyant simplement sur les idées fascinantes de Django en termes d'accords, mais pour le moment il faudra simplement vous contenter de ce plan pour calmer votre appétit. Cette ligne de basse rapide comme l'éclair et cette combinaison de fragment d'accord ont été inspirées par le son d'un train lancé à grande vitesse. Concentrez-vous sur la précision et travaillez au métronome quotidiennement pour que tout soit bien en place.

Plan n°18

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Cette idée est basée sur le concept d'attaque de la même note à deux endroits sur le manche, suivi d'un slide vers la note la plus basse. L'intérêt réside aussi dans le motif rythmique de groupes de 3 notes au lieu de 2 ou 4. Django déplaçait souvent ce genre de motifs par demi-tons en visant à la fin un accord sortant du lot.

Plan n°19

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Reinhardt fut l'un des premiers guitaristes à exploiter intégralement la technique du bend en la couplant à son expertise en matière de vibrato. Ces techniques sont sans aucun doute une influence reprise de son expérience de violoniste. Le tout aidé par le fait que Django était un adepte d'un jeu de cordes au tirant très léger, mais avec une action très haute.

Plan n°20

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Le facteur important ici, lorsque vous utilisez un vocabulaire musical en accordage ouvert et donc chromatique, est d'avoir une destination précise en tête de manière à ce que le son sorte avec force et conviction. Le jeu de Django s'appuie toujours beaucoup sur l'intensité. On n'a jamais l'impression qu'il ne sait pas où il veut en venir avec une idée musciale.

Plan n°21

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Ici, voilà une idée basée sur un arpège typique en F7 et évoluant en une phrase bluesy dont la destination est un accord de C7. On exploite la tierce mineure au lieu de la tierce majeure pour obtenir un plan blues typique. Vous pouvez retrouver tout un tas d'exemples de ce type si vous écoutez Django à la fin des années 1940, particulièrement lorsqu'il utilise un micro magnétique et se branche dans un petit ampli à lampes.

Plan n°22

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Même si Django était totalement autodidacte, il faisait souvent preuve d'un sens complétement développé de la sophistication harmonique dans ses choix de notes. Cet exemple, tout comme la section en B de changements rythmiques, est assez facile à jouer. L'harmonie est tirée de D pour l'accord de D7 amélioré (tonique, 2 3 #4 #5 6 7b) , du G lydien 7ème bémol pour le G7 amélioré (tonique 2 3 #4 5 6 b7) et des mêmes choix un ton en dessous pour C7 et F7.

Plan n°23

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Voilà un exemple qui relève plus du challenge avec les mêmes accords. Cette fois, on utilise un arpège de G7 (b9) chromatiquement agrémenté pour les D7 (D F# A C et Eb) et C7 (C E G Bb Db). Une fois de plus, on peut sentir une forte trace de flamenco dans le choix des notes et le phrasé rythmique de Reinhardt.

Plan n°24

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L'avant-dernier plan amène le concept de la connexion chromatique une étape plus loin. L'idée initiale est de combler les vides sonores avec des E13 et E9. Une fois encore, ces deux groupes de trois notes sont décalés par rapport à la pulsation de nos 8 doubles-croches. Nous terminons cette phrase avec un autre exemple du concept d'enclosure (répandu chez les musiciens bebop) qui consiste à encadrer la fondamentale de l'accord que l'on voit avec une note un demi-ton au-dessous, puis une note au-dessus dans la gamme de l'accord. Il y a tout un tas de variations de ce schéma en inversant l'ordre de ces notes, mais cela sonne en général mieux lorsque vous finissez sur l'accord fondamental de la tonalité.

Plan n°25

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Ok, je n'ai pas pu m'empêcher d'inventer un plan à base d'accords, mais ceui-là est tellement cool que vous ne m'en voudrez pas ! Ici, on connecte une série d'accords dérivés du D majeur avec une mélodie constituée de notes uniques jouées sur une corde. Une fois de plus, Django s'y prendrait avec 4 doigts, ce qui est un réel exploit au vu des dégâts que la paralysie a occasionné à ses 3ème et 4ème doigts. Mais la musique d'abord, et la necessité étant la mère de l'inventivité, voilà l'une des nombreuses solutions inventées par Reinhardt pour jouer des harmonies de type piano à la guitare.


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