Jouez dans le style manouche façon Django (Part 1)

Une pédago dans le style de Django

Django Reinhardt est le guitariste des guitaristes. George Benson, Brian May, Jeff Beck, Hank Marvin, Peter Frampton, Les Paul, Yngwie Malmsteen, Chet Atkins et des millions d'autres, qu'ils soient connus ou non, on tous été fasciné par le jeu de ce génie du jazz manouche autodidacte qui ne savait ni lire ni écrire la musique. Que dire de plus ? Il n'avait que deux doigts encore alertes (suite à un accident) pour jouer de la main droite !

Nous vous proposons donc de retrouver le génie de ce guitaristes dans les exemples qui suivent. N'essayez pas forcément de suivre le doigté de Django, expérimentez pour trouver les vôtres. Et même si vous n'avez pas de guitare jazz avec vous, avec une acoustique, ça marche tout autant.

Plan n°1 : Commençons notre étude sur le style de Django avec un plan sautillant qui souligne le passage du cinquième degré V7 (G7) au I (C), bien que vous remarquerez dans cet exemple (et dans beaucoup d'autres) qu'au lieu de viser la tierce et la septième (B et F), Django cherche à atteindre la tierce et la sixte (B et E). Cet exemple, comme les autres, devra être joué avec un swing à la croche.

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Plan n°2 : L'omniprésence de thèmes dans les solos de Django vient du 6ème degré (ici nous essayons de le faire en créant de motif R b3 5 6 = m6) et par les déclinaisons chromatiques des triades et des accords 7 en jouant note à note. Django avait l'habitude de jouer ses arpèges en l'amenant d'une note chromatique plus basse pour leur donner un côté plus sophistiqué. Nous pouvons l'apercevoir clairement dans cette progression en 2-5-1 en La.

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Plan n°3 : Le traits de guitare de Django sont rythmiquement intéressant et lui même avait un très bon sens du tempo. Cette phrase, généralement jouée pendant un break (lorsque la session rythmique s'arrête et seule le guitariste devient maitre du rythme), montre une superposition d'arpèges chromatiquement ascendant en 6/4. Vous trouverez ce type de doigtés dans les arpèges majeurs des solos de Django, celui-ci étant le plus simple à jouer car il ne requiert que l'utilisation de deux doigts pour le réaliser.

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Plan n°4 : Voici une intro à la Django pour arriver dans la tonalité de D. Il mélange ici les notes qui découlent des accords, des gamme par ton et des chromatismes. Les triades augmentés avec utilisation de la gamme par ton est un trait caractéristique du style Django aussi bien dans ses solos que dans les versions instrumentales guitare seule. On voit clairement ici la combinaison de l'efficacité musicale et la logique du doigté en utilisant seulement deux doigts.

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Plan n°5 : On débute cet exemple sur un arpège de C6 (C E G A) avec utilisation de demi-ton voisin pour enchaîner sur un Cdim7 aérien (C Eb Gb Bbb) pour finir sur une touche bluesy avec l'intégration de la tierce mineure (Eb). Afin des réaliser plus facilement ce type de plan, Django cassait son poignet pour atteindre plus facilement les notes. Le commun des mortels préférera utiliser un troisième doigt !

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Plan n°6 : Django était réputé pour savoir jouer dans n'importe quelle tonalité et il était fréquent de le voir changer de clé dans un même titre pour pouvoir utiliser les cordes à vide et les harmoniques offertes par la guitare. La première partie de cet exemple est constituée de motif à trois notes qu'en réalité Django jouerait sur un solo entier, modifiant le sens des notes pour créer un effet de surprise.

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Plan n°7 : Prends garde à toi Yngwie Malmsteen ! Ce plan qui date des années 30 est en fait un sweeping sur 5 cordes avec utilisation de la triade majeure. Encore une fois, il est facilement réalisable avec seulement deux doigts, ce qui signifie plus de déplacements sur le manche, mais cela donnera plus de vivacité à l'ensemble. Le plan démarre sur ce que les musiciens bebop appellent "enclosure", en fait, cela signifie que l'on encadre la fondamentale de l'accord G avec une note un demi-ton au dessus (G#) et la note qui suit dans la gamme à savoir A.

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Plan n°8 : Ce phrasé découle de l'accord de Dm6 (D F A B) et progresse vers le Am. Comme vous pouvez l'imaginer maintenant, Django aimait jouer avec les notes autour de l'accord par des chromatismes, et ici nous allons connecter la quinte et la sixte du D (de A à B) avec un demi-ton qui se situe entre les deux. Dans cet exemple, on joue un bend d'un demi-ton, une autre facette du jeu de Django qu'on peut facilement reconnaitre dans ses enregistrements.

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Plan n°9 : Django avait ce don de faire sonner les choses les plus simples de manière génialissime. Dans ce plan, il utilise la gamme la plus simple de C majeur (C D E F G A B C), mais les choses deviennent harmoniquement plus complexes avec le Db9 (Db F Ab Cb Eb) qui résout vers le C. Les guitaristes les plus calés dans la théorie auront reconnu la substitution tritonique. S'il devait y avoir un plan à connaitre sur le bout des deux doigts, ce serait sans nul doute celui-ci !

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Plan n°10 : Au lieu de penser au jeu à deux doigts, pourquoi ne pas essayer d'en utiliser aucun ? Django utilise ce procédé dans l'intro de l'une de ces célèbres improvisations, prouvant au passage que l'on peut être créatif avec n'importe quelle idée. Suivez le doigté indiqué sur la partition et tout devrait bien se passer.

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Plan n°11 : Ce plan utilise le même schéma géométrique qui se déplace horizontalement sur le manche afin de souligner la progression d'accords. Avec le médiator, jouez 3 coups consécutifs vers le bas suivis d'un coup vers le haut. Si vous vous demandez comment Django pouvait jouer ce type de plan, vous serez surpris d'apprendre qu'il utilisait en fait ses 4 doigts à l'occasion, surtout pour jouer les accords. Il ne pouvait simplement pas bouger son troisième et quatrième doigt indépendamment, ce qui rendait quasi impossible de jouer note à note à moins de bouger le poignet entier.

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Plan n°12 : Comme nous l'avons vu précédemment, le vocabulaire d'improvisation de Django découlait souvent des notes de l'accord et cet exemple ne fait pas exception.Les arpèges liés aux accords sont fréquemment utilisés par Reinhardt. Par exemple, Em (E G B) sur un G permet de jouer sur les intervalles d'un G6 (6 R 3), donc les deux peuvent sembler similaire. Dans ce plan, nous utilisons la pentatonique de D de dominante sur le D7 (R 2 3 5 b7). Je préfère le voir comme un condensé d'arpège de G9 (R 3 5 b7 9), mais avec toutes les notes trouvées à chaque octave.

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