Native Instruments Maschine Studio

La bombe de Native Instruments

Maschine Studio et Maschine 2.0 sont les dernières itérations du célèbre combo logiciel et hardware de Native Instruments. Alors que Maschine Studio s'impose comme le haut de gamme des contrôleurs de la série, Maschine 2.0 fonctionne avec la gamme complète : Maschine, Maschine MkII, Maschine Mikro et Maschine Studio. Nous reviendrons au hardware dans un instant...

Maschine 2.0 a été totalement reprogrammé. Il bénéficie ainsi d'un nouveau look beaucoup plus frais et lisible, d'un nouveau moteur audio compatible avec les derniers processeurs multicœurs, plusieurs améliorations de la manière de travailler et des nouveaux joujous !

La compatibilité multicœur frappe dans le mille : un projet qui faisait passer notre réserve de mémoire dans le rouge sur un iMac i7 sous Maschine 1.8, fait aujourd'hui à peine dépasser cette jauge de 40% sous Maschine 2.0.

Si l'on doit donner des chiffres, le maître mot serait "illimité. Cela s'applique pour les groupes (auparavant limités à 8), les Scenes (64) et les plug-ins (4 par groupes et 3 par sons). Cela constitue déjà une belle mise à jour en soi, tout comme la nouvelle vue de la fenêtre Arrangement qui montre les scènes avec une règle basées sur les mesures et les beats plutôt que la trop abstraite ligne de blocs. Nous avons également accès à un mode nommé Follow qui permet de choisir la durée de sa boucle.

Tout beau, tout neuf

Le navigateur, plus "visuel", se base aujourd'hui sur un système de tags plutôt que les anciens menus. Au final, le résultat est le même, seule l'approche varie. Tous vos instruments, effets ou extensions Native apparaissent désormais en image sur l'écran au lieu de l'habituel texte. Le résultat est très classe !

Avec tous ces groupes disponibles, une table de mixage digne de ce nom s'imposait. L'interface graphique de Maschine 2.0 (hormis le navigateur) se divise alors en deux parties avec la vue appelée aujourd'hui Arrangement (Arrangeurs, Control/Assignement, et un éditeur de pattern/sample) et la vue Mix qui intègre la table de mixage et la section de plug-ins. Les effets, le sampler et les Drumsynths ou synthés de batterie (on reviendra plus tard sur ce module évidemment) Native possèdent leur propre design et contrôles dans ces fenêtres tout comme les plug-ins de la marque.

Certains des plug-ins Native Instruments possèdent leur propre interface dans le bandeau appelé Vue additionnelle. Certains sont totalement déclinés graphiquement et d'autres sont des versions n'affichant que les fonctions principales. Prenons l'exemple de Massive. Lorsqu'on l'utilise, on ne voit apparaitre que les Macros, les oscillateurs basses fréquences et les enveloppes alors qu'avec Prism, toutes ses fonctionnalités s'affichent à l'écran. Les plug-ins d'autres fabricants ne disposent quant à eux que d'un graphisme minimal et d'un onglet de sélection des presets.

La barre des plug-ins présente parfaitement les paramètres des plug-ins de la marque au sein d'une seule et même fenêtre, bien que des vues alternatives soient nécessaires, car sur grand écran, il reste de l'espace inutilisé à cause de cette présentation horizontale. Si les vues additionnelles précédemment citées permettent de combler ce vide, la plupart du temps, nous nous retrouvons avec cet espace un peu gâché.

Tant que nous sommes dans l'aspect visuel du programme, notez que la séparation totale de la vue Arrangement et de la vue Mix est légèrement maladroite. Nous aurions aimé pouvoir voir certains modules d'édition et d'autres onglets en même temps.

L'abondance du Mix

Le Side Chain, relié à la fenêtre de mixage (bien qu'il ne soit pas accessible directement à partir de celle-ci ou de la barre des plug-ins), et enfin disponible dans cette version 2.0 de Maschine pour tous les plug-ins au format VST/AU et les effets maison de compression, de gate, limiteur, filtre et Maximizer.

L'insert du Side Chain, réglable à partir de la zone Contrôles, permet de choisir un groupe ou un son comme point de départ, et d'y appliquer le niveau d'effet et le taux de fréquences du filtre. Simple et efficace !

Maschine 2.0 dispose également de nouvelles fonctionnalités MIDI. Nous avons ainsi accès à l'ensemble des contrôles CC pour l'automation des enveloppes, l'envoi d'information pour les changements de programme dans un plug-in, et l'import de fichiers MIDI via le navigateur. Cependant, le changement le plus important dans ces fonctionnalités MIDI est que l'on peut aujourd'hui assigner à n'importe quel contrôleur MIDI chaque potentiomètre et bouton et pas seulement les Macros. Cela se gère simplement via la zone d'assignements où un bouton MIDI Learn s'affiche pour chaque destination possible dans la zone de contrôles. Cela comprend également les réglages de panoramique et de niveau dans la table de mixage.

Ces mêmes contrôles peuvent également gérer l'automation. Oui, en effet, vous pouvez enfin envoyer des informations d'automation depuis votre séquenceur à un nombre illimité de paramètres dans Maschine sans avoir à passer par les Macros. À ce sujet, les Macros peuvent maintenant devenir cibles pour le niveau du Master, d'un groupe ou d'un son et il est possible d'en avoir autant que vous le désirez.

Drumsynths

La nouveauté de Maschine 2.0 que nous préférons est Drumsynths. Celle-ci regroupe 5 plug-ins de synthé batterie et de percussion (grosse caisse, caisse claire, charley, tom et percussion) dont les sons se basent sur différentes techniques de modélisation (analogique virtuel, modélisation physique, etc).

Chacun de ses synthés fonctionne grâce à différents moteurs audio. Ce sont des algorithmes spécifiques conçus pour délivrer des sons bien particuliers. Tous ces sons possèdent leurs propres réglages. Prenons l'exemple du Kick Drumsynth qui développe huit types de sonorités à savoir Sub, Tronic, Maple, un énorme son de type analogique de TR-808, une puissante 909 et une émulation acoustique plus chaude. D'autres fonctions annexes gèrent la hauteur du pitch ou la distorsion. On pourra également choisir le type de peau et la réverbe de la pièce pour le kit Maple.

"La qualité des sons produits par les Drumsynths est juste stupéfiante."

Les différents types de sons concernant les caisses claires sont encore plus variés. Nous naviguons ainsi entre le preset Volt qui reprend des sons analogiques, le Pow et le Bit qui donnent dans le bruitisme. Nous avons également accès au modèle Sharp plus acoustique, au preset Airy, Vintage, Chrome et Iron, sans oublier les non moins essentiels Claps.. Dans le trio des moteurs de percussions, nous retrouvons également les étonnantes émulations de timbale et de shaker très réaliste et Fractal, un synthé extrêmement modulable qui permet de recréer les sonorités de cymbales, de cloches ou encore des frappes de main et des sons truffés d'effets.

La deuxième excellente nouvelle avec ces synthés de batterie est leur simplicité d'utilisation. Ensuite, la qualité des sons produits est stupéfiante. Ces derniers sont imposants et couvrent tout le spectre audio avec puissance et couleur. Il est juste dommage que l'on ne puisse pas les utiliser en dehors de Maschine. Nous aurions aimé les entendre se déchaîner comme produit distinct ou encore mieux, dans une application iOS, mais peut-être que cela arrivera plus tôt que prévu.

Une tranche de vie

Le changement principal de l'éditeur de samples dans Maschine 2.0 est que les Slices (ou découpes d'un sample) peuvent se chevaucher et même être séparés. Faites glisser la fin d'une partie coupée vers la droite pour la faire chevaucher sur le début de la partie suivante ou vers la gauche pour laisser un espace entre les deux. Native a désormais ajouté la détection zero-crossing (changement de passage), et la page Zone (précédemment nommée Map) tient désormais sur une fenêtre complète tout en fonctionnant de manière plus logique.

Nous sortons un peu du vif du sujet, et nous avons toujours un merveilleux contrôleur à vous présenter. Passons rapidement aux autres changements de Maschine 2.0...

La vue Pad vous expose graphiquement où vos sons sont assignés, au lieu de les lister verticalement. La fonction Take Undo sert à effacer le dernier enregistrement, au lieu de le faire note à note. Note Repeat possède maintenant une option gate afin de faire varier la longueur des répétitions en temps réel. On pourra également sélectionner plusieurs groupes ou sons pour les éditer de façon commune. Les clicks du métronome peuvent être customisés. Nous avons accès à une nouvelle réverbe à plaque qui sonne plutôt bien et le compresseur présent possède désormais un mode Feedback. Native a donné un coup de neuf à la bibliothèque d'usine, mais cela ne représente pas forcément une grande avancée. Cependant, la marque allemande a pris soin d'ajouter le piano électrique Scarbee Mark I, le synthétiseur à "banques modales" Prism et un compresseur Solid Bus Comp (et Massive, que l'on retrouvait sous Maschine 1.8). Ouh !

"Maschine 2.0 est un succès, peu importe le contrôleur que vous utilisez"

Maschine 2.0 marque une énorme avancée de l'application/plug-in déjà existant. Bien que plusieurs des nouveautés soient déjà en retard commercialement parlant (le nouveau design des groupes, les limitations de Scenes, la compatibilité multicœur, le mode Follow, etc...), nous ne pouvons tout de même pas rechigner de les avoir à présent. Et les autres ajouts comme les synthés de batterie, le mixer, etc... font de cette mise à jour une évidence.

Hormis ces détails au niveau de l'interface précédemment mentionnés, notre seule complainte est que le timestretching reste un processus à réaliser en dehors de l'interface, que nous ne puissions pas régler la hauteur ou la longueur des samples directement via le clavier et que le VST3 ne fasse que briller par son absence.

Évidemment, Maschine se transforme petit à petit en séquenceur, alors l'absence de pistes audio linéaires se fait sentir. Qui sait ce que le futur nous réserve... Quoi qu'il en soit, Maschine 2.0 est un véritable succès, peu importe le contrôleur que vous utilisez.

Visite de Studio

Le contrôleur Maschine Studio est un énorme pavé qui donne le sentiment de posséder un appareil de qualité et d'une solidité à toute épreuve. Puisqu'il fallait ajouter des pieds rétractables sur ce boitier, Native en a apposé deux sur le dessous de l'appareil afin de pouvoir l'incliner de 20°.

À l'arrière, nous retrouvons une entrée et trois sorties MIDI, deux entrées jack, la connectique USB et l'entrée nécessaire à l'adaptateur secteur (Maschine Studio est la première édition à ne pas fonctionner via USB) et accrochez-vous... un bouton Power !

Si l'on divise l'appareil en deux parties, le bas récupère le gabarit de Maschine MkII, mais les fonctions Shift (Quantize, Copy, Paste, Undo, etc) se retrouvent aujourd'hui dans leur propre section nommée Edit. Le potentiomètre Master a quant à lui été remplacé par une molette crantée possédant une fonction de click. Celle-ci est entourée d'un halo lumineux blanc du plus bel effet.

À l'image du potentiomètre Master, la molette sert à faire défiler la lecture dans l'Arrangeur ou effectuer ses choix d'instruments ou d'effets dans le navigateur. Elle a cependant d'autres fonctionnalités à son actif. Lorsque nous nous trouvons dans le mode Note Edit, elle permet de contrôler le pitch shifting (hauteur des notes), le swing ou encore les changements de volume (malgré quelques comportements étranges dont on nous a dit qu'ils allaient être corrigés en priorité). Dans le mode Mix (voir ci-dessous), elle permet d'ajuster le volume et de régler la panoramique de la tranche de console sélectionnée.

Les deux écrans

"La plus grande innovation sur ce Maschine Studio est cette paire de fabuleux écrans en couleur d'une résolution de 480x272"

La plus grande innovation sur ce Maschine Studio est cette paire de fabuleux écrans en couleur d'une résolution de 480x272. La plupart du temps, ces écrans montrent seulement, en bien plus joli, ce que nous retrouvions déjà sur les écrans monochromes des précédentes versions de l'appareil. Il laissent apparaître cependant d'autres données que l'on ne pouvait simplement pas retrouver sur ces anciennes machines.

Dans le mode Browse, l'écran de gauche affiche les mêmes illustrations que le logiciel en ce qui concerne les instruments et effets NI et celui de droite liste tous les presets. En mode Plug-in, le bandeau des plug-ins s'affiche au-dessus de réglages du contrôleur sur l'écran de gauche, tandis que celui de droite affiche le nom du plug-in sélectionné (et malheureusement pas son illustration).

Lorsque nous basculons sur le mode Arrangement, nous pouvons visualiser tout le projet sur l'écran de gauche et avoir un zoom d'une région définie sur celui de droite. Le zoom et le défilement se font actuellement de manière horizontale, mais heureusement, le défilement vertical sera au final bientôt possible.

Ce mode aperçu/zoom est décliné dans les modes d'édition de pattern et de sample. Ici, les écrans font passer ceux des précédentes versions pour obsolètes. Nous avons ainsi sous les yeux les mêmes graphismes que ceux du logiciel, facilitant ainsi les réglages minutieux sans avoir à passer de la souris au contrôleur.

La sélection de notes s'avère toujours être un travail minutieux dès lors que l'on utilise les potentiomètres de Maschine plutôt que la souris. Pourtant, lorsque l'on voit son pattern ou son sample se transformer en temps réel, c'est très palpitant. Pour terminer, ces écrans permettent également d'afficher le mixer dans le mode Mix. Il s'agit d'une fonction seulement disponible sur Maschine Studio.

La section Master située en haut à droite de l'appareil, moins excitante, mais toujours très utile, dispose de potentiomètres permettant de régler les niveaux et volumes des sorties Master, groupe, son et Cue. À ce propos, aucun préréglage pour les contrôleurs MIDI n'était disponible lors de l'écriture de ce test, mais l'éditeur dédié proposé par Native permet facilement et rapidement de remédier au problème.

Ainsi, bien que le logiciel Maschine fonctionne et se comporte de la même manière suivant le contrôleur Maschine que l'on utilise, il n'en reste pas moins que cette version Studio s'impose comme le produit phare de la gamme et qu'il risque d'attirer les convoitises de beaucoup de musiciens.

Le nouvel agencement des fonctionnalités du contrôleur est bien plus pratique pour travailler plus facilement et les écrans y sont pour beaucoup. Revenir vers une version MkII ou Mikro de Maschine est bien difficile après avoir passé quelques jours sur ce nouveau modèle. En un mot, Maschine Studio est excellent. Nous nous demandons maintenant si Native Instruments a prévu d'insérer une interface audio, un processeur intégré, de la RAM et un espace de stockage dans la prochaine version de cet appareil pour en faire un engin fonctionnant de manière autonome. Ce ne sont que des idées...

MusicRadar Note

5 / 5 Etoiles
On aime

Maschine 2.0 est une excellente mise à jour. Drumsynths déchire tout. Le programme fonctionne parfaitement avec tous les contrôleurs Maschine... mais Maschine Studio est de loin le meilleur !

On regrette

On ne peut pas ouvrir toutes les vues en même temps. Pas de vrai timestretching ou layering en temps réel.

Verdict

Maschine 2.0 est une bombe avec n'importe quel contrôleur, mais si vous pouvez vous offrir Maschine Studio, alors n'hésitez pas.

Platform

PC/Mac

Required Hard Disk Space (GB)

13

Additional Requirements

USB 2.0 port

Description

Native Instruments' 'groove DAW' returns with an overhauled look and a new audio engine

Features

Multi-core support; new GUI; no limits on groups, scenes or plugins; new Arranger view; proper mixing environment

Politique En Matière De Test
Tous les tests produits par MusicRadar sont réalisés par des musiciens spécialistes de leur domaine qui ne sont en aucun cas liés à une quelconque marque ou à un revendeur. Nos experts écrivent également pour des magazines célèbres comme Guitarists, Total Guitar, Computer Music, Future Music et Rythm. Tous font partie du groupe Future PLC, plus grosse maison d'édition et de magazines musicaux au monde.

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