Yamaha Pacifica 112V

La star de la guitare électrique nous revient encore améliorée !

C'est en 1990 que la gamme Pacifica voit le jour dans les labos de l'équipe américaine de Yamaha et plus précisément dans les mains savantes de Rich Lasner, le concepteur d'Ibanez. La 112 ne sort qu'en 1993 mais ne tarde pas à supplanter les modèles antérieurs (et ultérieurs !) de la gamme en terme de vente. Elle devient, du même coup, une référence pour sa qualité et ses caractéristiques.

Il n'est pas rare au début des années 1990 de voir des guitares en contreplaqué sur le marché de l'entrée de gamme. Mais Yahama décide de s'éloigner de ce dictat commercial réservé aux guitares bon marché en optant pour le bois massif. Et pas n'importe qu'elle vieille souche ! De l'aulne, massif s'il vous plaît. Mais pour être sûr que ces efforts taperaient dans l'oeil du consommateur, le choix d'une finition naturelle s'imposait ! La Pacifica était née. Les différences avec les autres guitares de son gabarit ne s'arrêtent pas là pour autant. La 112, en plus d'un corps en bois massif, exhibe un bon accastillage, des micros de qualité et un design élégant.

En 2007, Yamaha sort un modèle actualisé sans que le prix en soit affecté (au centime près). Un tarif qui défie l'inflation encore à ce jour puisque le prix de la 112v n'a pas bougé depuis 1993. Mais passons sans transition à l'examen de ce dernier modèle.

Fabrication

Même si personne ne songerait à remettre en question l'origine du design de la Pacifica, nous tenions quand même à noter que sa ligne est sensiblement différente de la Stratocaster. Sa forme est plus longue, plus élancée, tandis que sa partie inférieure est plus anguleuse. Jusqu'à maintenant, la 112 se caractérisait par une large plaque de protection sur laquelle étaient montés les micros et l'électronique. On retrouve la même disposition sur la Strato mais pas sur les autres modèles Pacifica qui possèdent un design un peu plus distinct. Ces dernier possèdent un micro chevalet, des potards montés directement sur le corps alors que les deux autres micros et le sélecteur 5 positions se trouvent sur la plaque de protection.

La 112 a maintenant adopté ce style (y compris la plaque de protection qui passe d'un pli à trois). Son look en a immédiatement été amélioré. Elle paraît moins commune et rappelle davantage la Stratocaster "Hotrod", ce qui se trouve être plus en phase avec le concept et l'esthétique de base de la Pacifica.

La Pacifica 112 n'est certainement pas une guitare de luxe, elle concentre plutôt ses efforts sur l'essentiel mais, il n'empêche, sa fabrication est d'une qualité excellente. Pour ce test, nous avons reçu une guitare sunburst deux tons et avons eu du mal à savoir si le corps était en 2 ou 3 morceaux tant le travail de collage était bien réalisé. Il en va de même pour la finition. Notre seule réserve concerne le chanfrein qui nous a paru légèrement décalé. Une transition plus en courbe n'aurait rien enlevé à l'esthétique soignée et moderne de l'ensemble.

Le manche en bois d'érable possède une finition satinée très finement appliqué . On aurait presque l'impression que ce dernier a été huilé. Il est monté de façon classique bien qu'avec précision sur le corps au moyen de 4 vis et de la plaque de fixation. Une méthode de fabrication répandue pour ces guitares.

Le manche conserve une belle forme en "C" presque entier et paraît plus fin en main qu'il ne l'est en réalité. Les frettes sont d'excellente qualité et de taille moyenne (d'une largeur approximative de 2,37mm x 1,36 de hauteur). Le bout des interstices dans lesquels elles ont été insérées sont très proprement comblés et le bord de la touche est légèrement courbé comme sur les vieilles Fender. Un bonus par rapport aux guitares bon marché à la touche si souvent plate. On notera enfin un très léger arrondi de cette dernière en haut de manche.

Ce n'est pas le boulot d'un James Tyler, bien sûr, mais on sent bien que celui ou celle qui a travaillé sur cette guitare s'est senti(e) impliqué(e) et, plus important encore, savait parfaitement ce dont une guitare a besoin pour atteindre un confort de jeu optimal. La stabilité et la solidité du manche sont remarquables. Si vous la chouchoutez, elle vous le rendra au centuple car elle est clairement faite pour durer !

La tête originale à 6 mécaniques alignées de la Pacifica a bien vieilli et nous plaît encore après 14 ans. Un logo simple et sérigraphié domine le logo Yamaha. Le diapason, emblèmatique de la marque, complète le tout... ne laissant plus aucun doute sur l'origine de la belle !

Un changement subtil au design du vibrato vintage standard réside dans l'intégration de pontets rectangulaires destinés à ajouter un peu de fermeté au son. Les vis d'ajustement sont toutes de la même taille et dépassent quelque peu sur les parties extérieures du chevalet. Équiper cette guitare de vis plus courtes réduirait cependant le problème en deux en trois mouvements. Quoi qu'il en soit, ce bloc chevalet reste évidemment basique et se voit doté d'une tige de vibrato vissée qui ne permet pas d'ajuster sa tension. Le bloc a été percé profondément de façon à cacher les bouts de cordes et, en théorie, pour assurer la bonne tenue de l'accordage. On remarquera aussi que le chanfrein de la guitare est profondément creusé, avec une ergonomie typique des guitares des années 1980, début 1990.

Nous regrettons cependant de ne pas avoir un chevalet vintage classique plus lourd et une barre vibrato mieux adaptée. De plus, la plaque de protection du vibrato posssède six trous pour l'accès aux cordes tandis qu'un large trou aurait permis un changement de cordes plus rapide. Le vibrato peut aussi causer quelques problèmes d'accordage, et c'est hélas inhérent à la bête. Il amène sans aucun doute un côté old-school très appréciable et utilisable. Mais ne vous attendez pas après des séries de bend à répétitons à ce que votre accordage reste en place.

Si l'on en croit la marque, les micros ont été mis à jour sur le modèle des autres Pacifica, soit avec des micros Alnico V.

"Des micros en céramique étaient utilisés sur les modèles précédents", nous confirme Julian Ward de chez Yamaha. "Nous cherchions à la fois à retrouver la spécificité de la tonalité Alnico tout spécialement pour cette guitare en même temps que nous cherchions à créer un son moderne/vintage. La Pacifica a du caractère, pas forcément un son totalement unique mais extrêmement polyvalent. Ce n'est pas une guitare au caractère vintage prononcé ni une gratte rock avec son manche super fin équipée de micros actifs : elle est conçue pour tout faire de par les qualités intrinsèques de sa conception".

Une autre nouveauté réside dans l'addition d'un système de split micro pour le humbucker chevalet (activé au moyen d'un switch push-pull que l'on trouve au niveau du potard de tone). Les potards ne sont pas de reste : ils ont été relookés et sont maintenant en métal moleté et chromé... classe.

Côté Son

La cerise sur le gâteau, bien sûr, c'est que cette Pacifica est vendue au prix approximatif de 250 €. C'est une guitare au son moderne et brillant. Ce qui ne veut pas dire trop stridente ou trop perçante. En fait le humbucker chevalet surprendra nombre d'entre vous par son côté pêchu, sans pour autant se révéler trop lourd dans les médiums. Et, bien que le micro splitté s'avère assez neutre en jeu clean, un peu de distorsion lui confèrera un son rythmique puissant et nerveux.

Il est également agréable d'avoir le choix au niveau du mixage via le micro intermédiaire. La différence entre le micro plein et le micro splitté s'avère subtile mais, avec des sons clean d'ampli de qualité en particulier, la différence de caractère est quand-même assez notoire pour être utilisable.

Les micros simple bobinage sont impressionnnants de percussion. Un soupçon de pêche dans les médiums en provenance de l'ampli vous gratifiera de cette sensation sonore qui ne peut émaner que des confins du Texas. Micros manche et intermédiaire combinés produisent un mix de style Strat, moderne et élégant. Avec un peu de brillance en plus, votre son s'imposera à travers n'importe quel multi-effets.

La suppression du hum est également appréciable - seul le micro simple y est sensible alors que toutes les autres configurations et bien sûr le humbucker chevalet sont silencieux. Un petit bémol cependant, le potard de tone qui s'avère trop brouillon lorsqu'il est à 0 alors qu'il pourrait peut-être bien sortir des sons à la Woman de Clapton si sa résistance était mieux ajustée. Le potentiomètre de volume cependant est excellent, idéal pour des changements subtils et des effets violon.

MusicRadar Note

4,5 / 5 Etoiles
On aime

Design; build quality; modern sounds; versatility; consistency

On regrette

We would have liked a more substantial upgrade to the vibrato

Verdict

The Pacifica 112V remains not only the perfect start-up guitar for the serious student, but also a solid, reliable choice whatever your age or ability

Available Controls

Master Tone Master Volume

Available Finish

Natural satin, old violin sunburst, raspberry red, sonic blue, black, silver metallic

Body Binding

Multi-layer White with Black Pinstripes

Country of Origin

Indonesia

Cutaway

Yes

Fingerboard Material

Rosewood

Fingerboard Radius

13.75 inch (350mm)

Inlays

Pearloid Dots

Neck Material

Maple

No. of Frets

22

Nut Material

Synthetic

Pickup Type

Yamaha 'custom wound' Alnico V H/S/S

Pickups

5 Way Blade Pickup Selector

Scale Length (mm)

648

String Spacing

53

Unique Features

Vintage style vibrato with block steel saddles, enclosed tuners all chrome plated

Weight (kg)

3.6

Weight (lb)

8

Width at Nut (mm)

41

Politique En Matière De Test
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