Yamaha A1M

Il est extrêmement rare de voir Yamaha sortir une gamme entière d'acoustiques. Si l'on prend le cas des FG, APX/CPX et des modèles L, chacune des guitares a soit évolué, soit été modifiée au fil du temps. C'est pour cela que l'arrivée de la série A est à marquer au fer blanc.

Cette série de 8 guitares se divise en deux catégories. D'un côté nous avons les modèles avec table massive nommés 1, et de l'autre les guitares toutes massives de la série 3. Une sous-division les classe ensuite entre dos en palissandre et dos en acajou. Il existe deux types de corps pour toute la gamme : Dreadnought et Concert.

Les "1" s'équipent d'un préampli analogique 3-bandes alors que leurs homologues "3" possèdent le système SRT (qui émule la prise de son avec 3 micros différents). Chacun des modèles utilise le nouveau micro SRT placé sous le chevalet. Ce micro intègre six piézos individuels sur une large bande à ruban. C'est le même type de configuration que l'on a récemment pu retrouver sur les APX/CPX1000 et APX500II.

En ce qui concerne les tarifs, cette série A se situe plus ou moins entre les FG et les L. Le but de Yamaha avec cette nouvelle série est de conquérir les musiciens qui désirent faire de la scène et enregistrer en studio en leur proposant un instrument aux performances sérieuses. Ici, on va plus loin dans le monde professionnel face aux guitares issues de la série FG qui étaient plus dédiées à la pratique de l'instrument à la maison.

Le manche et l'espacement entre les cordes des guitares de cette série A ont subi quelques modifications (on s'y attardera davantage par la suite) dans le but d'attirer les musiciens qui ont plus tendance à jouer à l'électrique. Il est presque certain que c'est Yamaha aux États-Unis qui a décidé de développer cette série A.

En prenant en compte ces caractéristiques et les tarifs qui se situent entre 700 et 1000 euros, on peut facilement en déduire que Yamaha s'implante sur le marché squatté par les séries 100 et 200 de Taylor.

Hormis son pickguard large et pointu emprunté des N1000 des années 70', l'A1M est au premier regard une simple Dreanought avec cutaway. Mais en y regardant de plus près, on y trouve quelques détails qui marquent la différence.

Le corps mélange épicéa Sitka massif et acajou laminé version gloss. On retrouve l'acajou tout autour du corps. C'est une première chez Yamaha dans cette gamme de prix, bien que les bindings en bois soient légion parmi les instruments d'autres marques sur ce type de marché. Ce modèle, comme tous les autres de la série A, reçoit une deuxième attache-courroie près du talon (bien vu) et le chevalet en ivoire lui apporte une touche de luxe.

Le manche est un élément clé de cette nouvelle série et sa configuration est similaire sur chaque modèle de la gamme. Au sillet, sa largeur est de 43mm, mais il est moins épais en général que les autres manches auxquels nous a habitués Yamaha, avec un profil en ‘C’ assez plat à l'arrière et une épaisseur relativement constante.

Les bords du bindings de la touche palissandre sont correctement chanfreinés, et la cerise sur le gâteau est que nous avons 55 mm d'espacement des cordes au chevalet : une caractéristique que l'on ne retrouvait malheureusement pas sur les premières guitares Yamaha. Au final, la prise en main est confortable en bout de manche et même lorsque l'on se déplace vers les aigus, le jeu en picking est toujours facilement réalisable.

Dans sa construction, Yamaha a minimisé les pertes de bois. On s'aperçoit que le manche est constitué de trois couches de bois et la tête et le reste du manche sont liés par un scarf-joint. Le talon est lui aussi conçu à partir de trois pièces de bois. Contrairement au vernis satiné et doux qu'utilise habituellement Yamaha, les guitares de cette série utilisent un vernis très fin et peu brillant laissant apparaître les pores du bois.

La marque a réussi à mettre en avant les qualités du bois, mais certains jugeront que le résultat, visuel et au toucher, est trop old-school. Celui-ci reste tout de même exemplaire en termes de jouabilité.

Les piles du préampli possèdent un logement dédié, et l'on retrouve sur le dessus de l'instrument le System 66 auquel nous sommes habitués. L'égaliseur 3-bandes est accessible via trois petits potentiomètres et un curseur permet de travailler sur les médiums (80Hz-10kHz). Le préampli dispose également d'un accordeur chromatique. On ne peut rien reprocher à ce dernier sauf qu'il ne coupe pas le signal lorsqu'on l'actionne; il aurait été judicieux d'y penser.

Et ça sonne ?

Alors que les guitares massives de la série A, à l'image de la AC3R, ont des basses légèrement plus profondes et un peu plus de résonance, l'A1M se défend tout aussi bien avec d'autres caractéristiques. Elle a une projection redoutable, et les aigus ont ce trait de personnalité propre à Yamaha, c'est-à-dire avec beaucoup de sustain, d'équilibre et de brillance.

La guitare reliée à un ampli, le nouveau micro montre toute sa puissance. Le son "canard" du piézo est totalement absent au profit d'un son naturel, aéré et fluide. Notons que l'EQ et le réglage Contour pour les médiums permet d'enrichir son univers sonore, en évitant d'avoir des aigus ou basses trop prononcés ou au contraire trop en retrait. Un volume raisonnable et une attaque maîtrisée contribueront au plaisir de jeu.

Pour la plupart d'entre nous, le préampli analogique de cette série suffira largement. Celui-ci permet d'obtenir des sons de qualité dans différents styles. Mais pour les musiciens qui enregistrent beaucoup, le préampli des guitares de la série "3", avec le système mic-imaging qui permet de simuler la couleur de trois micros, devrait être plus adapté car il est véritablement plus polyvalent.

Dans tous les cas, peu importe la route que vous décidez d'emprunter, et que vous choisissiez une dreadnought ou une forme Concert : vous verrez que les instruments de la série A sortent du lot grâce au sérieux de construction de Yamaha, à des sonorités très appréciables et à une jouabilité exemplaire.

MusicRadar Note

4,5 / 5 Etoiles
On aime

Un manche facile à jouer, la qualité du préampli.

On regrette

La finition du manche peut être discutable ; l'accordeur qui ne coupe pas le son lors de son utilisation.

Verdict

Yamaha a la recette pour proposer une belle Dreadnought électro-acoustique à un tarif abordable.

Country of Origin

China

Available Finish

Gloss natural body, low-gloss neck

Back Material

Laminated mahogany

Body Style

Cutaway dreadnought electro-acoustic

Fingerboard Material

Bound Rosewood

Max Rim Depth

117

Neck Material

Mahogany

Scale Length (mm)

650

Sides Material

Laminated mahogany

Top Material

Solid Sitka spruce

Weight (kg)

2.16

Pickup

SRT undersaddle

Politique En Matière De Test
Tous les tests produits par MusicRadar sont réalisés par des musiciens spécialistes de leur domaine qui ne sont en aucun cas liés à une quelconque marque ou à un revendeur. Nos experts écrivent également pour des magazines célèbres comme Guitarists, Total Guitar, Computer Music, Future Music et Rythm. Tous font partie du groupe Future PLC, plus grosse maison d'édition et de magazines musicaux au monde.