Washburn Parallaxe PXS20FRTBB

Une électrique qui aime le shred

Bien que les formes noires ombrageuses de sa nouvelle série Parallaxe ne le laissent deviner, la marque Washburn est une aristocrate respectée de la fabrication d'instruments musicaux. La production de guitares Washburn remonte en effet au Chicago de 1883. Elle devance donc d'une bonne dizaine d'années l'apparition des guitares archtop brevetées d'Orville Gibson. Leo Fender, quant à lui, ne verra le jour que le 10 août 1909.

Malgré la longue noblesse de cet héritage, les instruments électriques que la marque propose ont souvent attiré l'attention des adeptes du rock, notamment les shreddeurs des années 80 dont l'exemple le plus célèbre se nomme Nuno Bettencourt. L'une d'entre elles a même été aperçue entre les mains de Brian May.

L'année 2013 voit la marque atteindre un carrefour important dans l'évolution de sa gamme de guitares électriques, comme le concède Greg Heritier, porte-parole de Washburn :

"Nous avons effectué un travail splendide dans le domaine de l'acoustique, mais il est vrai que le domaine électrique a quelque peu souffert d'un manque de produits. La N4 de Nuno tient toujours sa place et nous avons collaboré avec Paul Stanley sur d'excellents instruments. Mais la gamme d'origine commençait à se fondre dans l'oubli." Accueillons donc la Parallaxe !

La tête haute

"La nouvelle gamme comprend un petit nombre de guitares destinées à séduire les joueurs de rock et de métal"

Greg Heritier a joué une part essentielle dans la conception de cette nouvelle série électrique qui comprend un petit nombre de guitares destinées à séduire les joueurs de rock et de métal.

"Dans les années 80, nous possédions une part de marché vraiment intéressante. Puis, quand j'ai commencé à travailler pour Metal Battle [un concours mis sur pied pour soutenir les futurs artistes métal], j'ai eu l'occasion de rencontrer beaucoup de groupes pour qui j'ai voulu créer quelque chose. Je pensais en fait à des guitares sympa qui pourraient plaire au joueur averti.

"Nous avons opéré de nombreux changements mais avons finalement réussi à réaliser la guitare qui nous convenait", nous confie-t-il en parlant de son processus de recherche et développement.

"Il nous importait de conserver des éléments inhérents à la longue histoire de Washburn, comme l'Extended Cutaway de Stephen et la tête en pointe. Mais nous voulions aussi évoluer et offrir aux guitaristes un instrument sur leauel ils aimeraient jouer sans avoir à le modifier. Nous ne cherchions pas à faire de cette guitare un instrument complètement différent de ce qui existait alors, nous voulions aussi maintenir le style Washburn."

En résumé, la gamme Parallaxe est constituée de trois modèles de base que l'on distingue à leur tête : la double pan coupé PXS (modèle standard que nous testons ici) arbore une tête en pointe classique avec les six mécaniques alignées ; la PXM (moderne) présente une tête asymétrique à 'trois mécaniques' de part et d'autre de la tête ; et la PXL quant à elle a la même tête que la PXM et elle emprunte le nom d'une guitare Washburn contemporaine : l'Idol. L pour l'Idol ? N'y aurait-il pas comme un petit problème ici ?!

"Nous avons pensé que la PXL pourrait être une version moderne de l'Idol", nous explique Greg Heritier en souriant. "Nous souhaitions apporter une petite modification à l'Idol, raison pour laquelle nous avons décidé de lui impartir la tête conçue pour la PXM."

La configuration inclut une paire de micros Seymour Duncan accompagnée d'un Floyd Rose à double blocage, ou des micros EMG et des cordes traversantes. Il existe 3 possibilités pour les vernis : érable flammé, brillant ou mat. Évidemment, les mécaniques sont à blocage pour résister aux attaques de médiator sans broncher.

Les caractéristiques, quant à elles, intègrent le système d'accordage Buzz Feiten toujours aussi révolutionnaire et une touche en ébène durci au feu montée de frettes super jumbo. La Extended Cutaway de Steven, dont le talon se prévaut d'un design unique, propose deux versions : l'une avec manche collé et l'autre avec manche vissé. Vous aurez également le choix entre une sept-cordes et une huit-cordes, et vous serez surtout heureux d'apprendre que le prix de ces guitares gravitera autour de 1000 € (prix exact bientôt disponible)

À l'ouïe et au toucher

Le Floyd Rose à double blocage constitue depuis les années 80 un instrument de base pour le monde du rock et du métal. Aussi remarquable soit-il, il n'en réclame pas moins certains compromis. Eh bien pas avec la gamme Parallaxe ! En gardant en mémoire la capacité présumée du Floyd à pomper le son, intégrons maintenant l'idée que le chevalet FR Original utilisé ici est maintenant pourvu d'une pièce de cuivre de 36 mm plutôt que de la pièce en acier habituelle de 30 mm. Une amélioration qui, en théorie, est censée redonner un équilibre à l'envergure sonore, celle-ci ayant tendance à se perdre du fait de la nature flottante du chevalet. Le sustain devrait également s'en trouver accentué.

Côté son, le timbre de cette PXS20 est plus arrondi que celui de la Charvel San Dimas que possède votre humble journaliste. Une différence subtile s'il en est (n'allez pas vous attendre à une Billy Gibbons), mais les rythmes rock en provenance de ce micro chevalet dont la réputation n'est plus à faire sont bien gras. Il est bien entendu que le corps en acajou prête ici main forte au Floyd et que toutes louanges sont à partager en proportions.

"Vous pouvez donner un coup sur le corps acajou de la PXS20, vous verrez que l'on n'entend rien de ce bruit métallique discordant que l'on entendait auparavant"

Les deux potentiomètres push/pull vous permettent de choisir entre un câblage de micros en parallèle ou en série. L'option parallèle engendre une sonorité se rapprochant plus du style simple bobinage, dépourvue de surcroît de tout bourdonnement parasite. Il est en conséquence juste de dire que les sonorités qui en découlent ne sont pas tout à fait aussi transparentes que celles d'une Strat. À gains élevés, cependant, aucune dissonance externe n'est à relever.

"Nous avons juste inséré un morceau de caoutchouc au centre de chaque ressort, et ça marche", nous apprend Greg Heritier, fier de cette découverte (à juste titre).

"Ce n'est pas sorcier. Nous nous sommes penchés sur le problème du bruit que peuvent faire les ressorts qui s'entrechoquent après que de nombreux musiciens se soient plaints de leur présence importune durant leurs sessions d'enregistrement. C'est un ajout que l'on devrait même trouver sur des guitares à moins de 250 €. Ça coule de source et c'est vraiment simple à mettre en oeuvre."

Vous pouvez faire l'expérience et donner un coup sur le corps acajou de la PXS20. Vous verrez que l'on n'entend rien de ce bruit métallique discordant que l'on entendait auparavant. La même expérience effectuée avec la même tendance à la violence sur la Charvel de votre humble journaliste n'a certes pas donné le même résultat.

Nous avons décidé de comparer la Washburn avec une LTD MH-1000 et sommes tombés sous le charme de leurs deux manches. Nous avons noté d'un côté que les frettes imposantes et le pan coupé large de la Parallaxe font du shredding métal un jeu d'enfant même en haut du manche, le design unique du talon renforçant cette aisance. D'un autre côté, nous avons constaté que le radius plus plat, la sensation d'épaisseur légèrement plus importante et la corpulence à peine plus conséquente de la LTD possèdent quant à eux un attrait indéniable.

Il est ici difficile de trancher : ces guitares sont toutes deux parfaitement adaptées aux tâches qui leur sont imparties tout en offrant suffisamment sur le plan de la différence, encore que subtile, pour permettre aux musiciens de pencher pour l'une ou pour l'autre.

La Parallaxe PXS20FRTBB ne représente pas seulement un nouveau chapitre dans la noble histoire de Washburn. La Parallaxe PXS20FRTBB propose un choix de plus sur un marché qui s'enorgueillit déjà d'une contribution émérite. Bien qu'affichant un prix légèrement plus élevé que, disons, la LTD M-1000 Deluxe ou la Schecter Banshee, nous sommes d'avis que ce sont des prix relativement similaires. Les guitaristes, en conséquence, devront se prononcer pour une marque ou pour une autre. Leur choix sera tout simplement guidé par leur préférence en terme de jeu.

Ces modèles Parallaxe conviendraient à n'importe quel joueur de hard rock. Nous apprécions tout particulièrement le vernis du manche de la PXS20 et le Floyd Rose, et nous espérons que vous serez nombreux à fêter le retour de Washburn au bercail du métal... où la marque a déjà ses marques !

MusicRadar Note

4,5 / 5 Etoiles
On aime

Excellente sur le plan sonore. Bonne qualité de fabrication et bon rapport qualité/prix. Le Floyd Rose ne fait aucun bruit !

On regrette

Pas grand-chose.

Verdict

Une guitare moderne vraiment impressionnante qui ramène Washburn à ses racines rock et métal avec panache.

No. of Frets

24

Scale Length (Inches)

25.5

Country of Origin

Indonesia

Hardware

Original Floyd Rose double-locking vibrato, Grover enclosed tuners: all black chrome

Weight (lb)

7.7

Left Handed Model Available

No

Neck Material

Quartersawn maple, glued in

Circuitry Type

3-way toggle pickup selector switch, volume and tone with series/ parallel switching

Nut

Locking/42mm

Scale Length (mm)

648

Weight (kg)

3.49

Fingerboard Material

Ebony

Guitar Body Material

Mahogany

Pickup Type

Seymour Duncan TB-6B Duncan Distortion (bridge), SH-1 Jazz (neck)

Body Style

Offset double-cutaway solidbody electric

Available Finish

Trans Black Gloss only. Other finishes, including Matt Black, Wineburst, Transblue Matte and Cherryburst, are available across the Parallaxe range

Politique En Matière De Test
Tous les tests produits par MusicRadar sont réalisés par des musiciens spécialistes de leur domaine qui ne sont en aucun cas liés à une quelconque marque ou à un revendeur. Nos experts écrivent également pour des magazines célèbres comme Guitarists, Total Guitar, Computer Music, Future Music et Rythm. Tous font partie du groupe Future PLC, plus grosse maison d'édition et de magazines musicaux au monde.

Laisser un commentaire Facebook