Trace Acoustic TA200

L'ampli acoustique original est enfin de retour. Est-il toujours aussi bon ?

En 1989, Trace Elliot inventait le genre 'ampli acoustique' avec ses amplis Trace Acoustic. Les guitaristes ont, du jour au lendemain, disposé de leur propre système sonore tout-en-un et, tout comme les amplis basse de Trace Elliot, ces nouveaux ampli étaient bourrés de fonctionnalités.

Trace Elliot a fini par se retrouver en difficultés, être vendu à Kaman puis à Gibson avant de trouver son propriétaire actuel, le géant américain Peavey. Ces nouveaux amplis ont certes pris leur temps pour arriver sur le marché (ils étaient au départ annoncés pour 2008) mais ils ont été complètement repensés, et c'était bien nécessaire : le marché est maintenant inondé d'amplis acoustiques.

Ces bêtes-là ne sont pas données. Même le petit TA100 atteint les 1 200 euros et l'ampli testé coûte bien plus que la plupart des petits systèmes d'amplification, et c'est exactement ce qu'il est. Il est aussi bourré de fonctionnalités et dispose même d'un manuel d'utilisation hautement instructif de 30 pages !

Mais il a une bonne taille, plus gros que l'AER, avec un avant légèrement courbé, des grilles métalliques de protection pour les quatre enceintes de 5 pouces, une poignée de transport sur le dessus, et il fait un poids assez léger. L'ampli est vendu avec une housse de transport ainsi qu'un footswitch à 6 boutons et un câble de raccordement DIN huit broches.

Autrement dit, nous avons là un ampli deux canaux, un pour instrument et l'autre pour instrument/micro, avec refroidissement par ventilateur d'une puissance de 100 W de part et d'autre du banc de contrôle. Le fader de contrôle est placé au milieu sur la face avant, un choix inhabituel. Même sur une chaise ou un support, ces commandes ne sont guère pratiques pendant un concert.

Le canal un dispose de fonctions gain, lo-trim, hi-trim et switch piézo (pour systèmes passifs ou actifs de faible niveau), pre-set shape (aigus et graves renforcés avec filtre de fréquences dans les médiums) et interrupteur de phase. Le canal deux n'a pas d'égaliseur, juste le gain et une fonction Notch (anti larsen), un +V (puissance fantôme pour les micros ou préamplis de l'instrument), shape et interrupteur de phase.

La configuration de l'entrée est l'une des fonctionnalités ingénieuses de l'ampli : si vous avez, par exemple, un système de micro double (piezo et micro), l'utilisation d'un seul lead stéréo enverra les sorties doubles aux canaux individuels du TA200.

Nous avons aussi la partie effet avec deux boutons rotatifs, paramètre et définition. Les effets numériques sont : chorus stéréo, flanger stéréo, phaser, trémolo, simulation d'écho analogique, écho analogique mono 1/4 de note, écho analogique mono 3/16 de note et écho stéréo ping-pong.

La profondeur et le taux de modulation, le délai de l'écho (à l'aide de la fonction tap tempo, jusqu'à un maximum de 1 100 msec), les paramètres de niveau et de larsen sont tous personnalisables et automatiquement enregistrés.

La partie master est dotée d'un égaliseur à six bandes avec LED de situation de fréquence correspondantes, bien pratiques pour identifier les éventuelles fréquences posant problème, ainsi qu'un niveau master global et un interrupteur de coupure.

L'arrière n'est pas en reste : en plus de l'interrupteur d'alimentation et des entrées secteur et pédale, nous avons une boucle d'envoi/retour d'effets stéréo, des sorties DI stéréo symétriques avec interrupteur pre/post, une sortie accordeur, isolement et un interrupteur commandant les lumières avant si vous, ou vos camarades, trouvez que les éclairages sont trop marqués.

Et ça sonne ?

Car quand vous branchez le TA200, c'est un vrai feu d'artifice. Vous pouvez éteindre la lumière arrière verte si vous le désirez, ce qui vous laisse encore près de 16 LED lumineuses, selon les fonctions sélectionnées.

Les légendes des boutons en noir et blanc, plutôt traditionnelles, sont assez claires, même si sur une scène peu éclairée il peut être difficile de distinguer les paramètres d'effets et légendes les plus petits.

Le fonctionnement est simple du moment que vous avez compris la commande de gain qui apporte une compression 'soft-knee' de qualité studio sur chaque canal.

Plus le bouton de gain est bas, moins la compression sera audible. Chaque commande de gain dispose d'une LED de niveau : quand elle passe à l'orange, vous entendrez un peu de compression, et si vous atteignez le rouge, elle devient bien plus marquée et peut poser des problèmes si vous utilisez un boost de niveau extérieur, car votre palette dynamique va sérieusement rétrécir.

Les commandes gain et master sont de type cranté, ce qui permet de bien sentir les commandes. Les égaliseurs sont de type 'glisse' avec une position neutre en leur centre. En fait, seuls les curseurs graphiques d'égaliseur ont l'air moins rassurant et plutôt bon marché.

Par contre, le son produit par l'ampli est loin d'être bon marché. Nous n'avons reçu que des compliments dans diverses configurations live, que ce soit groupe, solo ou en accompagnement de chanteur. Le son est bien détaillé, mais moins acéré que dans nos souvenirs des amplis Trace Acoustic de première génération.

La compression se contrôle aisément et l'égaliseur est à la fois étendu et naturel. En fait, la position complètement basse était notre paramètre préféré, avec un petit réglage de lo-trim, et éventuellement de graphique en fonction de l'environnement d'accueil, et bien entendu de votre instrument et de vos goûts personnels.

Avec une guitare à cordes en acier, la fonction shape et certains chorus stéréo n'offrent pas une sensation 'acoustique' naturelle. Une électro bas de gamme avec un micro/préampli de base nécessitera plus d'ajustement. Mais avec une combinaison d'électro Yamaha et Taylor, quelques Rare Earth à cordes en acier, notre dreadnought électro Martin de référence et même les sonorités 'acoustiques' des hollowbodies modernes Variax et PRS bourrées de micros, les résultats sont excellents.

Comme le savent bien tous les musiciens acoustiques, l'amplification d'une acoustique peut être un véritable cauchemar. Certains se contentent de brancher un ampli, d'autres préfèrent même un bon vieux micro.

C'est sûr que le TA200 n'amplifiera que ce que vous lui donnerez à amplifier… une électro bas de gamme produira toujours les sons d'une électro bas de gamme !

Mais c'est un ampli de qualité doté d'un grand nombre de fonctionnalités performantes, d'effets, d'un excellent contrôle du larsen et de suffisamment de puissance et de projection pour remplir une petite salle avant d'être obligé de passer à l'ampli de puissance.

Il est léger, compact et même s'il faut un peu de temps pour s'habituer au positionnement des commandes, c'est un ampli que nous aurions plaisir à utiliser encore et encore.

MusicRadar Note

4,5 / 5 Etoiles
On aime

Conception intelligente, bourrée de fonctionnalités. Portabilité. Qualité du son.

On regrette

Il peut sembler compliqué. Lisez le manuel. Curseurs d’égaliseur graphique un peu bon marché. Le positionnement des commandes peut poser des problèmes sur scène.

Verdict

Le TA200 offre un son généreux et une liste de fonctionnalités impressionnante. Si vous prenez votre son à cœur, prenez-le en compte.

Dimensions

432x382x305

Weight

9

Country of Origin

USA

Device Type

Stereo acoustic amplifier

Audio Output Power

200

Politique En Matière De Test
Tous les tests produits par MusicRadar sont réalisés par des musiciens spécialistes de leur domaine qui ne sont en aucun cas liés à une quelconque marque ou à un revendeur. Nos experts écrivent également pour des magazines célèbres comme Guitarists, Total Guitar, Computer Music, Future Music et Rythm. Tous font partie du groupe Future PLC, plus grosse maison d'édition et de magazines musicaux au monde.