Martin DRS1

Lancées en 2011, les Road Series de Martin étaient une tentative sérieuse de rendre le plaisir des Martin plus abordables. Les coûts étaient réduits grâce en partie au déplacement de la production dans l'usine mexicaine de Martin, de l'utilisation de stratifié haute pression pour le dos et les éclisses, ainsi qu'à une simplification des spécifications.

Contrairement aux premiers modèles Road Series, la DRS1 est une guitare en bois massif. OK, techniquement ce n'est pas tout à fait exact.

Le corps est effectivement en Sapele massif, c'est la raison pour laquelle la plupart des guitaristes la considèrent comme un instrument en bois massif. Cependant, le manche est en Stratabond composite.

Ce matériau est obtenu à partir de bouleau blanc, séché et lamellé en larges blocs avant d'être mis en forme. Ce processus est sensé améliorer la rigidité et la stabilité, des qualités essentielles pour un manche de guitare.

Visuellement, l'effet est saisissant car les lignes des lamelles attirent l'œil. Une utilisation aussi décomplexée du laminé est susceptible de faire frémir les puristes. D'autres trouveront qu'il s'agit là d'une construction innovante, avancée et responsable.

L'utilisation de Sapele pour le corps non collé de la DRS1 est une autre preuve de l'approche respectueuse de l'environnement de Martin. Les stocks d'acajou se réduisant comme peau de chagrin, certains constructeurs consacrent beaucoup de temps et d'argent à la recherche d'autres essences.

Le Sapele est une solution intéressante. C'est un bois durable d'Afrique tropicale, historiquement utilisé pour les parquets en raison de son beau veinage. Le principal concurrent de Martin, Taylor, utilise lui aussi beaucoup de Sapele.

Dans le corps en Sapele, comme dans toutes les guitares Martin à assemblage du manche à tenon et mortaise, le barrage de la DRS1 est de type X à cadre en A. Dans la pratique, la plaque de chevalet biseautée crée une « case » sous le chevalet et cette conception renforce la table.

Sous certains aspects, la DRS1 ressemble à la très appréciée, mais également sous-estimée D-15M, bien que le Sapele ait une teinte tirant davantage sur le marron que l'orange. Sur le plan esthétique, la DRS1 est plutôt dépouillée, avec une simple rosace à triple anneau noir et blanc, une plaque de protection à un pli noire et des incrustations de touche rondes de 3,2 mm.

Comme pour la quatrième génération des guitares Performing Artist, c'est un Richlite noir, matériau composite à base de papier recyclé et de résine, qui a été utilisé pour la touche et le chevalet. Du Corian blanc est utilisé pour le sillet et du Tusq, remplaçant l'os, pour le pontet compensé.

La petite touche de palissandre indien placée sur l'avant de la tête pourrait apporter un peu de luxe… mais c'est en fait du stratifié haute pression (HPL).

La DRS1 est dotée d'un système de préamplification bas de gamme Fishman Sonitone, comprenant un préampli monté sur la rosace ainsi que des potards pour le volume et le tone situés juste sous la partie basse de la rosace.

Bien qu'elle ne sorte pas de l'usine américaine de Martin, la DRS1 que nous avons testée ne montre absolument aucun signe de baisse de qualité. Toutes les jointures sont ultra-resserrées, les lignes nettes et précises. On ne trouve nulle part de trace de colle et la finition satinée est douce et uniformément appliquée.

Bien que la DRS1 soit clairement une guitare à hanches lourdes, elle reste confortable. Le profil de manche bas et ovale modifié associé à un sillet de 43 mm de large donne une sensation de volume dans la paume sans tomber dans le trapu.

Cette configuration est aussi réussie que possible et les barrés se font en douceur tout au long du manche. Tous comme les notes seules, jusqu'à la 16e/17e frette.

Et ça sonne?

Aussi impressionnante qu'elle puisse être visuellement et en termes de présentation, rien ne vous prépare à ce son fort et vivant. Avec ses graves vifs et tendus, la DRS1 est dotée de cordes offrant de la profondeur et de l'âme tandis que les aigus brillants et clairs apportent une touche de douceur au timbre.

Les médiums vibrants et articulés sont tout à fait remarquables et offrent une sonorité agréable pour le jeu aux doigts, au médiator ou une combinaison des deux. Dans l'ensemble la projection de la DRS1 est dynamique et réactive.

Une fois branchée, elle offre des sonorités brillantes et vibrantes qui, si on pousse un peu, deviennent un peu cassantes. Il faut dire la vérité, le système Fishman est d'entrée de gamme et ne fait guère plus que de fournir un son amplifié potable.

Le contrôle du son n'a pas d'effet significatif sur le résultat, mais il en fait assez pour dompter un battement enthousiaste. Ceci étant dit, l'ensemble fonctionne très bien et vous obtenez une excellente guitare à ce prix-là.

Pendant qu'on appréciait les belles sonorités de la DRS1, il nous fallait nous répéter que cette électro Martin, vendue £800 seulement avec un étui rigide de la gamme 300, est la moins chère du marché. Sur le pur plan du rapport qualité prix, sans compter cette griffe emblématique sur la tête, la DRS1 va frapper fort.

MusicRadar Note

4,5 / 5 Etoiles
On aime

Esthétique, son, qualité de la construction, prix.

On regrette

Rien.

Verdict

Une excellente guitare polyvalente offrant un rapport qualité prix imbattable.

Sides Material

Sapele

Pickup

Fishman undersaddle

Country of Origin

Mexico

Back Material

Sapele

Left Handed Model Available

Yes

Neck Material

Stratabond

Top Material

Sapele

Available Finish

Satin natural

Neck Profile

Modified Low Oval

Politique En Matière De Test
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