Fender '68 Custom Twin Reverb

Ce combo au grand F déménage

Fender plonge la nouvelle série '68 Custom dans le passé en l'habillant du revêtement 'Silverface' de ses débuts. La marque ajoute également une empreinte moderne à ce trio de combos qui répondent aux noms de Twin Reverb, Deluxe Reverb et Princeton Reverb. Nous nous intéressons aujourd'hui au plus imposant des trois, le Twin Reverb.

La façade argent/turquoise du Twin est absolument superbe avec ses fines lignes verticales noires marquant la séparation entre les différents groupes de contrôle (un détail qui n'a pas survécu au-delà des toutes premières séries). Sa grille est bordée de l'encadrement (ou 'drip edge') en aluminium abandonné mi 1969 et est signée du logo en relief fidèle à l'original, qui disparaîtra quant à lui en 1973. C'est vraiment un très bel ampli.

L'intérieur privilégie le circuit imprimé PCB typiquement moderne qui reproduit en grande partie la carte électronique que l'on trouve dans les rééditions de la Fender '65 'blackface'. Les différences se matérialisent sous la forme de transformateurs Schumacher conçus dans le but de reproduire les originaux de 1968. D'autres modifications électroniques ont été apportées qui sont de moindre conséquence.

"Les nouveaux '68 possèdent un canal Custom donnant accès aux effets de réverbe et de trémolo"

Alors que les Twins de l'époque étaient équipés d'un canal Normal, sans trémolo ni réverbe, les nouveaux '68 quant à eux possèdent un canal Custom qui donne accès à ces types d'effet. L'addition d'un étage d'égalisation Bassman modifié', qui se vante d'être plus tendre envers les pédales, engendre un nouveau type de son, et le canal Vibrato a été remplacé par un canal 'Vintage' livrant des sonorités plus classiques.

L'ampli est conçu pour saturer un peu plus tôt que son prédécesseur et met à disposition le principe de contre-réaction que Fender présente comme offrant une sensibilité tactile accrue.

À cause du circuit de l'opto-tremolo de style vintage contenant une résistance photo-dépendante à base de cadmium, et de la Directive européenne RoHS interdisant l'utilisation de ce matériau en ses territoires, la marque n'est pas autorisée à importer ceux de ses amplis qui font usage de cette substance dangereuse. Fender ne s'avoue cependant pas vaincue : elle a en effet mis au point une solution qui lui permet de passer la frontière de ces pays où la restriction est en vigueur.

Pour cela, l'intérieur du châssis du '68 Custom Twin Reverb a été pourvu d'un sous-circuit PCB comprenant des composants analogiques supplémentaires qui reproduisent les fonctions des cellules photoélectriques de ces amplis américains. Les puristes en seront outrés à juste titre, mais n'allons pas pour autant nous insurger et fomenter une révolution en bloquant l'entrée du tunnel sous la Manche afin de protester de notre indignation exacerbée contre la bureaucracie de l'Union Européenne !

Durant sa période Silverface, Fender a utilisé différentes marques de haut-parleurs comme Oxford, JBL et Utah, mais n'avait encore jamais jusqu'à présent fait l'expérience des haut-parleurs Celestion. Il est donc intéressant de noter qu'elle opte aujourd'hui pour une incursion sur le territoire anglais (en passant par la Chine) avec un Celestion Ten 30.

Côté Son

Mise sous tension, la petite lampe témoin déguisée en bijou bleu turquoise s'illumine (une autre de ces caractéristiques vintage qui n'a pas été conservée, la couleur témoin d'origine étant rouge) et un ronflement rassurant nous accueille qui semble dire 'Oui, je suis un ampli à lampes et je suis branché' (le silence n'aurait rien présagé de bon). Le ronflement n'est pas importun pour autant.

"Le '68 Custom ne fait certes rien de répréhensible pour ternir la réputation du Twin qui s'affiche comme un ampli au son colossal"

Contenu et molasson ne sont assurément pas des adjectifs dont la plupart des guitaristes se serviraient pour décrire un Twin Reverb vintage, et le '68 Custom ne fait certes rien de répréhensible pour ternir la réputation du Twin qui s'affiche comme un ampli au son colossal.

Grâce à son rectificateur à transistors, à sa paire de haut-parleurs 12 pouces et à ses quatre 6L6, le '68 Custom Twin Reverb offre une marge d'écrêtage amplement suffisante et livre une réponse en basses de type piano et des aigus tridimensionnels. Vous pouvez saturer le son en montant le volume, évidemment, mais existe-t-il encore de nos jours, en 2014, des salles où vous pouvez faire vibrer les murs sans provoquer le courroux du voisinage et passer la nuit en taule ?

La plupart des musikos trouveront le Twin peu pratique pour un usage quotidien, mais si tous vos sons saturés proviennent de pédales et qu'une bonne dose de marge d'écrêtage est votre trip, cet ampli est un choix excellent pour vous. De même si vous êtes un fan de post-rock à la recherche de sonorités clean auxquelles assener vos propres effets... c'est un excellent choix pour construire vos paysages sonores lourdement personnalisés.

Si le prix catalogue de cet ampli se rapproche dangereusement de celui pratiqué par la concurrence boutique, ceux pratiqués en ligne et en magasins racontent une toute autre histoire avec ce Twin disponible pour la somme de 1370 € chez la plupart des revendeurs à la date d'aujourd'hui.

MusicRadar Note

4 / 5 Etoiles
On aime

Sonorités clean puissantes. Les effets sonnent superbes. Bonne qualité de fabrication.

On regrette

Trop puissant pour la plupart des guitaristes modernes. Cher.

Verdict

Sonorités massives mais s'avèrera sans doute trop puissant pour la plupart des guitaristes modernes.

Additional Features

Valve-driven spring reverb and tremolo. Fitted dust cover included

Country of Origin

Mexico

Weight (kg)

29

Dimensions

664 x 504 x 219

Channels

2

Weight (lb)

64

Device Type

Valve combo

Audio Output Power

85

Politique En Matière De Test
Tous les tests produits par MusicRadar sont réalisés par des musiciens spécialistes de leur domaine qui ne sont en aucun cas liés à une quelconque marque ou à un revendeur. Nos experts écrivent également pour des magazines célèbres comme Guitarists, Total Guitar, Computer Music, Future Music et Rythm. Tous font partie du groupe Future PLC, plus grosse maison d'édition et de magazines musicaux au monde.

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