Epiphone Inspired By 1964 Texan

Le coup de chapeau d'Epiphone à la guitare qui a composé Yesterday

Il y a peu de marques de guitares sachant évoquer les souvenirs d'antan comme Epiphone sait le faire. L'histoire de ce luthier débute d'ailleurs à la fin du XIXème siècle, à l'époque où le fils d'un négociant en bois répondant au nom d'Anastasios Stathopoulo décida de quitter sa Grèce natale en quête d'une vie meilleure. Il jeta son dévolu sur la ville de New York où il s'installa en compagnie de sa famille.

C'est en 1873 que la 'House of Stathopoulo' vit alors le jour et commença à produire des luths, violons et autres instruments. Puis, en 1910, Anastasios invita son jeune fils de 17 ans, Epaminodas (surnommé Epi) à se joindre à son affaire. Les instruments produits par la firme familiale prirent dès lors le nom du jeune homme et la marque Epiphone prit la route du succès et de la notoriété.

Cependant, la marque dut faire face à des difficultés financières au milieu des années 40 suite à des problèmes internes. La présence sur le marché de concurrents comme Martin, Rickenbacker, Fender et Gibson lui avait déjà fait perdre du terrain. Un coup de téléphone du propriétaire d'Epiphone, Orphie Stathopoulo (le frère cadet d'Epi), suffit alors pour sceller le destin de la marque dont le contrôle fut ce jour-là cédé au DG de Gibson Ted McCarty pour la somme de 20.000$. Nous étions en mai 1957.

Ce changement de propriétaire se traduisit par le relancement de produits déjà existants et par l'introduction de versions meilleur marché des instruments Gibson à la gamme Epiphone. Cette formule s'avéra profitable et la renommée de la marque ne souffrit certes pas de la publicité que lui firent Paul McCartney et John Lennon qui, durant les débuts des Beatles, étaient de grands adeptes des guitares Epiphone. Epi s'apprêta alors à conquérir le monde.

Il est de plus notoire que le tube le plus célèbre et le plus repris des Beatles, Yesterday, a été écrit et enregistré avec une Epiphone 64 Texan, une réputation que McCartney consolidera plus avant en entérinant en 2005 la sortie de l'édition limitée d'une dreadnought 'épaules tombantes" identique à la sienne, la Paul McCartney 1964 USA Texan. On rapporte à ce sujet que cette réplique était tellement réussie que McCartney lui-même était incapable de faire la différence entre les éditions limitées et sa propre guitare.

Nous allons aujourd'hui tester une version plus abordable de cette même guitare, l'intention d'Epiphone étant de proposer un modèle de style vintage aux fonctions et au look traditionnels.

Depuis sa parution en 1958, l'Epiphone Texan a fait le bonheur de nombreux musiciens de grand renom comme Peter Frampton, Noel Gallagher et bien évidemment Paul McCartney.

La nouvelle 64 Texan est une guitare au look saisissant. Le 'E' argenté appliqué sur la plaque de protection, le chevalet inversé, les 'épaules tombantes' et les incrustations en nacre en forme de parallélogramme de la touche confèrent tous à cette guitare un air familier. En ouvrant son étui, vous avez l'impression de retrouver un vieil ami perdu de vue ces vingt dernières années.

Les dreadnoughts 'épaules tombantes' sont étroites à la taille, ce qui résulte souvent en des sonorités plus équilibrées avec des médiums plus clairs, et ce qui donne à la guitare une forme de type cloche. Sur le plan structurel, la 64 Texan a trouvé son équilibre et procure de fait un très bon confort de jeu.

La table en épicéa massif est rehaussée d'un look antique qui fait un beau contraste avec la couleur brillante tirant sur l'orange du dos et des éclisses de la guitare. La touche est faite de bois de palissandre de même que le chevalet inversé équipé d'un pontet Tusq compensé.

Le manche deux pièces en acajou est de même forme Slim Taper D années 60 que la DR-500, mais Epiphone a choisi dans le cas présent de lui appliquer un vernis brillant. Nous déplorons un peu cette décision qui compromet la rapidité du jeu rendue possible par la minceur du manche et nous regrettons en conséquence que la marque n'ait pas plutôt opté pour un vernis satiné.

Nous apprécions par contre tout particulièrement la forme de la tête. Bien que le détail ne saute pas instantanément aux yeux, les côtés en ont été légèrement sculptés pour créer un pourtour en 'escalier'. Les mécaniques de style vintage d'un ratio de 14:1 sont revêtues des boutons ovales classiques de couleur crème. L'allure antique de cette guitare est renforcée par la présence de l'étiquette rectangulaire de la marque. De couleur bleu, elle est traditionnellement apposée sur le fond de la guitare depuis la fin des années 60 et on peut l'apercevoir, comme chacun sait, par le trou de la rosace.

C'est Shadow qui a été choisi du côté de l'électronique avec un micro sous pontet basse impédance Sonic NanoFlex. Les réglages de volume, bass et treble du préampli se font via des molettes situées près de la partie supérieure de la rosace.

"Pour accéder aux contrôles, il faut renverser la guitare et se l'approcher du visage, style Hendrix jouant avec ses dents."

Bien que la discrétion de leur emplacement soit honorable et appréciable, les réglages sont en fait difficiles d'accès. Il faut en effet renverser la guitare et se l'approcher du visage, style Hendrix jouant avec ses dents, afin de pouvoir identifier le rotacteur requis... ce qui est loin d'être idéal pour les réglages à la volée !

Le préampli est alimenté par deux piles lithium de type 2032 et équipé d'une LED bien pratique qui indique le niveau et qui s'illumine 30 minutes avant que votre batterie ne tombe en rade.

Dans l'ensemble, la 64 Texan est une guitare de belle qualité qui ne laisse transpirer aucun souci de fabrication ni de fonctionnement.

Côté Son

Avec des médiums puissants, la 64 Texan regorge de punch, de volume et de clarté, en un mot de caractère. Bien que l'espacement de ses cordes ne soit pas particulièrement idéal pour le jeu aux doigts, ce style bénéficiera cependant d'une sortie puissante et précise, le son d'ensemble se prêtant quant à lui à des accords percussifs et hachés.

Une fois branchée, la Texan reste fidèle à l'image que l'on s'en était fait. Les sonorités possèdent un caractère similaire aux sons acoustiques qui, avec le concours du système électronique Shadow, s'imprégneront d'un grain palpable idéal pour les duos et les sessions de groupe. Qui plus est, un volume élevé et une bonne dose de médiums n'entacheront en rien la clarté des notes jouées seules sur les mélodies et solos.

En terme de souplesse sonore, cette guitare s'avère cependant un peu décevante de par son manque de chaleur, et ce même en neutralisant totalement la dose d'aigus. Mais même si ses sonorités ne feront pas que des adeptes, ce que la 64 Texan sait faire, elle le fait bien.

Epiphone a produit comme à son habitude une guitare au look vintage superbe dotée d'une petite touche de technologie moderne très à propos. Ce n'est peut-être pas la guitare la plus polyvalente du marché, mais elle tient ses promesses et pour un prix tout à fait correct. Alors, dites-moi, que demande le peuple ?

MusicRadar Note

4 / 5 Etoiles
On aime

Ce look Texan instantanément reconnaissable. Des sonorités claires et puissantes.

On regrette

Un manque de chaleur, en particulier branchée.

Verdict

Une belle version d'une guitare classique regorgeant d'histoire à un prix abordable.

Pickup

Sonic Shadow NanoFlex

No. of Frets

20

Country of Origin

China

Neck Material

Mahogany

Body Style

Dreadnought slope-shoulder. Solid spruce

Available Finish

Natural gloss or vintage cherry-burst

Back and Sides Finish

Laminated mahogany

Politique En Matière De Test
Tous les tests produits par MusicRadar sont réalisés par des musiciens spécialistes de leur domaine qui ne sont en aucun cas liés à une quelconque marque ou à un revendeur. Nos experts écrivent également pour des magazines célèbres comme Guitarists, Total Guitar, Computer Music, Future Music et Rythm. Tous font partie du groupe Future PLC, plus grosse maison d'édition et de magazines musicaux au monde.

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