The Treatment, le rock comme remède

Tagore Grey nous prouve que le Classic Rock n'est pas mort

Dans un paysage musical européen dominé par un retour glorieux à la pop qui pousse certains commentateurs à parler d'une crise du rock, le phénomène The Treatment ne laisse pas vraiment la place au doute : non, le Classic Rock n'est pas mort !

"AC/DC mélangé à Def Leppard qui croise Led Zeppelin, on est juste un groupe de classic rock bourré d'énergie"

Ces cinq Anglais qui ont tout juste la vingtaine ressortent les perfectos à clous et à patchs ainsi que les mèches collées que l'on dirait sorties tout droit de l'age d'or du glam rock. Déjà adoubés par les colosses du genre tels que Kiss, Motley Crüe, Alice Cooper ou Airbourne, ces post-ados déjantés balancent du riffs sans détour. Nous avons rencontré Tagore Grey, guitariste rythmique pour parler de leur deuxième album Running With The Dogs qui sent la bière, la rage de vivre et une revendication de liberté rafraichissante.

Pour ceux qui vous découvrent à peine, pourrais-tu nous parler un peu du groupe et de votre dernier album Running With The Dogs ?

AC/DC mélangé à Def Leppard qui croise Led Zeppelin, on est juste un groupe de Classic Rock bourré d'énergie, on peut aussi mettre Airbourne dans le lot. On veut juste s'éclater et rire un bon coup, se faire des teufs bien rock'n'roll.

Vous avez toute une tournée de festivals à venir (Download, Glasgow, Pinkpop), des dates avec Aerosmith (Pologne, Italie) et ZZ Top mais aussi une date prévue en France au Bus Palladium le 28 Juin...

Oui, on va tourner pour une dernière date en France. Du coup ça promet d'être bien bien cool ! Et puis, c'est vraiment sympa d'avoir une date en France car ça fait longtemps que l'on veut y faire une tournée. On est en tête d'affiche pour ce concert donc, ça va le faire !

Vous avez un succès inattendu en France actuellement, le ressentez-vous ?

Oui, on a joué une première fois en France il y a deux ou trois ans et vous avez juste un sens de l'accueil absolument hallucinant dans ce pays. En plus, il arrive que certains publics soient plus réceptifs que d'autres et à chaque fois qu'on a joué en France ça a été incroyable, les gens étaient complètement sauvages, c'est un des meilleurs endroits pour le Rock et on adore. Il y a aussi eu Taratata, ce show télé qui s'est super bien passé, ça va de mieux en mieux et maintenant on a un concert en tête d'affiche là-bas donc ça va être génial !

Comment expliques-tu ce succès fulgurant ?

Cela peut sembler rapide, mais on travaille pourtant sur ce projet depuis plus de cinq ans. Notre première tournée s'est faite aux côté d'Alice Cooper, ce qui est dingue ! Puis au fil de la tournée, le phénomène n'a cessé de prendre de l'ampleur. Lorsqu'on est allé jouer aux États-Unis, on a carrément eu notre propre tour bus. C'était juste le rêve absolu pour nous.

Vous êtes un très jeune groupe, qu'est ce qui vous inspire pour l'écriture de vos textes ?

En fait, à partir du premier album, on a énormément tourné. On a donc essentiellement écrit sur la route sur notre expérience et sur les différents trucs qui arrivent en tournée. Il y a avait tellement de choses que l'on voulait raconter, de teufs complètement folles qu'on a vécues, les expériences avec les nanas, etc. En cela, cet album est très différent du premier qu'on a écrit alors que l'on sortait fraichement du lycée.

"Au niveau du son, on avait vraiment envie que cela sonne comme en live avec cette puissance incroyable. Du coup, on a enregistré directement via repiquage sur le haut-parleur sans aucun effet supplémentaire. On aime quand il n'y a pas de fioriture, que c'est du direct"

Votre son est très mature, comment l'avez-vous travaillé ?

Il y a le travail de Steve (Harris, bassiste d'Iron Maiden ndj), qui nous a beaucoup aidé, puis tout a été mixé et produit par un type qui s'appelle Tony Newton du groupe Voodoo 6. Ensuite, il y a le fait que l'on vive tous ensemble. On a composé les chansons, on les a jouées ensemble, on les a travaillées et enregistrées dans différents endroits de la baraque. L'album s'est vraiment construit comme ça.

Tu sais, je pense que quand tu es 5 ou 6 potes, tu ne peux pas rêver mieux pour composer. Du coup, c'est pareil lorsque l'on tourne ensemble, on est de bons potes et on se sent bien.

Au niveau du son, on avait vraiment envie que cela sonne comme en live avec cette puissance incroyable. Du coup, on a enregistré directement via repiquage sur le haut-parleur sans aucun effet supplémentaire. On aime quand il n'y a pas de fioriture. Ça se comprend pour moi car mon groupe préféré est AC/DC avec d'autres types comme Hendrix ou Jimmy Page. Ben (ex guitariste lead), qui a enregistré sur l'album aime plutôt les trucs des années 80 à la Randy Rhoads ou Zakk Wylde, je trouve vraiment que ça s'entend sur l'album.

Donc pas d'effet non plus en live ?

Non, pas d'effet, même pas d'accordeur en fait ! Après si on veut un boost, c'est fait depuis la table de mixage mais avec une tête aussi puissante il n'y même pas vraiment besoin de boost. En plus, c'est un ampli à deux canaux il y a donc un boost intégré et il suffit d'avoir une pédale de switch pour activer ça. C'est vraiment bien conçu.

Comment s'est déroulé l'enregistrement de l'album ?

On s'y est vraiment pris comme avec le premier. Une fois les chansons composées, on a enregistré la voix avec les grattes, puis la batterie et la basse dans le studio de Steve qui évidemment connait tout ce qu'il y a à connaître sur l'enregistrement de la basse. La seule grosse différence entre l'enregistrement du premier et du second album est que nous utilisions du matos Blackstar et que l'on a évolué vers Marshall (Tagore est endorsé par Marshall; ndj). On utilise une tête YGM (modèle Yngwie Malmsteen) qui est absolument incroyable, c'est la tête d'ampli la plus puissante qui soit.

Tagore et sa guitare Rock'n'roll Relics

On l'utilise depuis deux ans maintenant. Ce qui est génial avec cette tête est la fonction permettant de passer en 50 watts et du coup, c'est celle-ci que l'on entend sur le disque. Après on a utilisé un million de guitares sur cet enregistrement, mais pas mal de guitares rock'n'roll relics. Ce sont de superbes guitares custom fabriquées aux USA. On a aussi beaucoup utilisé une Les Paul Standard et on se demandait si on allait pas passer sur ESP pour évoluer dans le son, mais tout peut changer et rien n'est sûr pour le moment.

Alors quels sont les projets à court terme ?

D'abord la tournée Européenne qui début au mois de Juin, puis le Download Festival et quelques concerts en Angleterre, ensuite on a vraiment envie de retourner en Australie et aux États-Unis. Pour faire court on a envie de tourner le plus possible avec cet album et on ne restera pas silencieux !

Quel retour avez-vous pour le moment des États-Unis ?

On a joué là bas en première partie de Kiss et de Motley Crüe, et c'était absolument fantstique, les Américains aiment les jeunes groupes anglais du coup c'était juste le rêve, surtout de pouvoir tourner avec deux groupes de légende comme Kiss et Crüe. C'est aussi une histoire de personne, la manière qu'ils ont de se comporter et d'agir sur scène.

On a pu apprendre à leurs côtés, ce sont vraiment des gens très humbles. On s'est retrouvé dans des situations folles avec Tommy Lee, des stip-teaseuses, des bouteilles de champagne, enfin tu vois... Pour un jeune groupe, ça fait une sacrée différence de connaître ces gens. Et puis, tout simplement de découvrir tous ces trucs, les mini bars, le tour bus, c'était juste le rêve et ce rêve était sauvage.

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