6 pieds sous terre avec Zakk Wylde

Le célèbre guitariste nous parle du prochain Black Label Society

Chez lui à Los Angeles, Zakk Wylde s'est fait faire un énorme studio d'enregistrement où sont enregistrés tous les albums du BLS depuis Order Of The Black. Catacombs Of The Black Vatican est le nom de ce dernier album, mais aussi celui du studio en question. Ce nouveau volet discographique, home-made donc, est accompagné d'un changement de line-up suite au départ de Nick Catanese remplacé par Dario Lorina et réserve quelques surprises de style !

On a l'impression que cet album est divisé en deux parties, avec un côté très 70's Hard Rock et puis on va progressivement vers le Métal...

Je ne pense pas vraiment comme ça. On a une nouvelle fois fait ce que l'on sait faire, avec des morceaux bien énervés et des titres plus mellow.

On entend presque comme des nappes sur le titre Fields Of Forgiveness qui ouvre l'album, comme un synthé...

Mais il n'y a pas de clavier (rires) !

L'album s'appelle Catacombs Of The Black Vatican, le Black Vatican faisant référence à ton propre studio. Travailler dans cet endroit influence-t-il ta façon de concevoir tes albums ?

J'ai toujours adoré traîner dans les studios et peut importe l'endroit, je m'y sens bien. Pour moi, ce sont simplement quatre murs avec un ampli prêt à exploser qui n'attend plus que toi pour jouer. Mais bien sûr, j'aime avoir mon propre espace. C'est un peu ma chambre d'ado, sauf que maintenant, je peux y enregistrer des albums (rires).

N'est-ce pas plus confortable de bosser sans pression chez soi au lieu d'aller dans un endroit dans lequel on ne fait que passer ?

Pas vraiment, j'ai toujours eu plein d'idées et je suis capable d'enregistrer très rapidement. Je n'ai pas d'emploi du temps fixe, je vais juste au studio et à la fin de la journée je peux faire le bilan de ce qui en sort de positif ou non.

Le Black Vatican, c'est un peu ma chambre d'ado, sauf que maintenant, je peux y enregistrer des albums !

Combien de temps l'enregistrement vous a-t-il pris ?

J'avais 25 jours. Tous les matins, j'allais au studio, je faisais chauffer l'ampli, je branchais une pédale d'octaver et une légère réverbe et j'avais l'impression de jouer au Madison Square Garden. Et on savait que les titres allaient venir, on se disait: "si l'on y arrive pas aujourd'hui, on sait que demain ça sera bon". Il y a juste un travail de recherche en amont.

JD (John DiServio, basse) et Chad (Szeliga, batterie) sont venus pour deux semaines. Puis je suis reparti en tournée et j'ai composé 3 autres chansons durant cette période. On s'y est ensuite remis pour avoir au final quinze chansons.

Le mixage a été fait en seulement deux semaines. J'arrivais le soir, et je demandais simplement de renforcer la grosse caisse, de baisser la voix lorsqu'elle était trop en avant.

Avec JD, moi et Adam (Klumps, ingénieur du son), on sait comment travailler ensemble, donc ce processus est relativement simple.

Aviez-vous l'idée d'un son bien défini pour cet album ?

On a gardé nos automatismes Black Label Society. Après, il y a des morceaux différents comme Angel Of Mercy que j'ai écrit au piano et un titre composé totalement à l'acoustique qui s'appelle Shades Of Grey.

Cette chanson est très différente, elle sonne presque pop...

Elle est venue très simplement. Dans le tour bus, j'ai toujours une acoustique pas très loin et je gratte quelques accords ci et là. Elle est née de cette façon.

On entend des harmonies vocales, des sons plus vintage...

J'aime jouer avec les harmonies sur les refrains. Je suis un grand fan des Eagles, de Crosby Still & Nash, et c'est ma façon d'appréhender ce style. C'est un autre son.

Zakk Wylde, une poigne de fer au service du Métal

On te voit de plus en plus avec une acoustique. L'électrique perd-elle de tes faveurs ?

L'instrument dicte énormément ce que tu vas jouer. Si je me mets au piano, je vais plus aller vers des choses à la Neil Young, Elton John, alors que si je joue de l'acoustique, je serais plus tenté de jouer des chansons façon Creedence, Bob Seger. Et si tu veux écrire un titre basé sur le riff comme Led Zepellin ou Black Sabbath, il faut absolument passer par l'électrique avec un Marshall qui est poussé à fond. Là tu es dans l'esprit pour avoir l'inspiration.

Sur cet album, on retrouve désormais Dario Lorina à tes côtés suite au départ de Nick Catanese.

Nick n'a jamais enregistré sur un album du BLS, seulement sur les lives. Il a été mon bras droit pendant 17 ans. Il voulait se concentrer sur son propre groupe et on le soutient pour ça.

On a joué avec Dario au Namm de Los Angeles, c'est un très bon guitariste et un mec super.

Était-ce simple de l'intégrer au groupe ?

Ça n'a pas été facile pour lui au début. On connaissait Dario depuis un moment. En règle générale, lorsqu'on a besoin de quelqu'un, on va traîner entre nous, on choppe les mauvais gars et on les ramène à la maison, c'est comme ça que Black Label Society fonctionne.

Il y a un léger changement dans la façon de poser la voix également...

J'ai des prises seules que je double parfois. C'est vrai que ma voix a changé depuis Pride & Glory. À cette époque, je n'avais qu'une seule façon de poser ma voix. Avec le temps, j'ai réussi à travailler cet aspect.

Un conseil pour enregistrer les sons façon Zakk ?

Le bon conseil est d'avoir un très bon ampli et d'avoir un micro qui soit capable de ne pas dénaturer le son que l'on a en façade. Il ne faut surtout pas prendre un micro par défaut. Si tu prends les albums des Beatles, des Stones, de Led Zep ou de Sabbath, les micros sont une composante essentielle.

Mais le conseil que je donne généralement aux jeunes groupes et que peu importe la musique qu'ils jouent, ils doivent jouer et enregistrer la musique qui leur plaît. Si un gamin me dit qu'il était un énorme fan de Metallica, dans ce cas c'est là où il doit aller. C'est certainement tentant d'aller faire de la dance parce que ce sera plus facile d'avoir un contrat avec un label, mais ce n'est pas le but de la musique.

Il ne faut impérativement jamais penser de cette façon. Quand Jimi a commencé à jouer, il était Jimi Hendrix. Se vendre pour un contrat est ce qu'il y a de plus tragique pour la musique.

Tu cites énormément Led Zep, Black Sabbath... Lorsque tu joues, rends-tu hommage à ceux qui t'ont bercé ?

C'est avec eux qu'on apprend à jouer. Je remercie Lynyrd Skynyrd, Black Sabath, Elton John, The Allman Brothers, Led Zeppelin, Neil Young, John McLaughlin, Al Di Meola... Sans eux, je ne serais certainement pas guitariste. Et tous ces gars ont influencé mes oreilles et continuent de le faire, aussi bien dans le jeu que dans la manière d'écrire.

Comment fais-tu pour ne pas garder la même routine de travail avec Black Label Society ?

J'écoute beaucoup de choses et depuis quelque temps, je me plonge davantage dans les travaux de production pour les jeunes groupes. J'écoute encore plus la batterie, la guitare, les sons de basse.

Pour ce nouvel album j'ai utilisé un nouveau un prototype Marshall...

Catacomb Of The Black Vatican possède un son un peu moins sombre et direct. As-tu modifié ton rig ?

Je n'ai pas changé d'amplis, mais c'est vrai que j'ai utilisé un prototype Marshall et mes pédales signatures.

Ce qui signifie qu'on verra peut-être un nouveau modèle Marshall signature à l'occasion du Musikmesse 2014...

On travaille dessus ! Et on sait jamais ce qui peut se passer...

Peut-on également s'attendre à voir de nouvelles pédales chez MXR ?

Je travaille énormément en collaboration avec Dunlop. Là aussi, peut-être qu'à l'avenir il risque d'y avoir quelque chose.

Catacombs Of The Black Vatican - Sortie le 08/04/2014

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